Portrait

Au Creusot, l’UIMM muscle la formation industrielle au plus près des entreprises

Face aux besoins croissants de recrutement dans le nucléaire, l’aéronautique ou encore le ferroviaire, l’UIMM de Saône-et-Loire a investi près de 8 millions d’euros dans un nouveau centre de formation au Creusot. Doté de deux ateliers dédiés à la formation initiale et continue, le site entend répondre aux tensions persistantes sur les métiers industriels.

Le Creusot s’impose comme l’un des principaux bassins industriels de Bourgogne-Franche-Comté. Porté par des groupes tels que Framatome, Safran, Alstom ou Industeel, le territoire concentre une forte activité métallurgique dans des secteurs aussi variés que le nucléaire, le ferroviaire, l’aéronautique ou la sidérurgie. «Le Creusot a tendance à devenir presque le premier bassin industriel du département», souligne Isabelle Laugerette, secrétaire générale de l’UIMM de Saône-et-Loire. C’est pour répondre aux besoins exprimés par les industriels locaux que l’organisation a créé un nouveau site baptisé «Les Portes de l’Industrie». 

Le projet, imaginé avant la crise sanitaire, a pris place dans un ancien atelier du lycée Jean-Jaurès laissé à l’abandon depuis plusieurs années. Acquis en 2021-2022, le bâtiment a été entièrement rénové grâce à un investissement de près de 8 millions d’euros, financé par France Relance (1,2 M€), la Région Bourgogne-Franche-Comté (2 M€), l’OPCO 2i (3 M€) et l’UIMM (1,7 M€).

Un outil de recrutement pour l’industrie

Le site réunit deux ateliers complémentaires. Le premier accueille une école de production dédiée à douze jeunes par promotion préparant un CAP chaudronnerie. La pédagogie repose sur le principe du « faire pour apprendre », avec des commandes réalisées pour de vrais clients. «Les jeunes travaillent sur de vraies pièces pour de vraies entreprises. Ils découvrent très tôt les exigences du monde industriel», explique Isabelle Laugerette. 

Le second atelier est consacré au pôle formation de l’UIMM. Il forme des apprentis, des demandeurs d’emploi et des salariés en perfectionnement dans les métiers du soudage, de l’usinage, de la chaudronnerie ou de la maintenance. Le centre développe également des compétences liées à l’industrie du futur, notamment en cybersécurité et en Internet des objets, en partenariat avec l’IUT et les acteurs de l’enseignement supérieur du territoire. À terme, près de 300 apprenants devraient fréquenter chaque année le site. Au-delà de la formation, l’ambition est de renforcer l’attractivité du territoire et d’alimenter durablement les besoins en compétences des entreprises. «Si nous avons créé ce centre, c’est parce que les entreprises nous l’ont demandé. Aujourd’hui, nous avons besoin qu’elles s’en emparent pour former et recruter les talents de demain», conclut Isabelle Laugerette. 

Les débouchés ne manquent pas : les métiers du soudage, de l’usinage, de la chaudronnerie et de la maintenance figurent depuis plusieurs années parmi les fonctions les plus recherchées par les industriels du département.