En bref

Bâtiment : La FFB Oise sort dans la rue et se pare de casques noirs

Le 6 novembre marque l'Acte 1 de la mobilisation de la Fédération française du bâtiment de l'Oise. Devant une maison inachevée et des casques noirs, les entreprises du BTP font entendre la situation critique dans laquelle se trouve leur secteur. 

Publié aujourd'hui à 13h38 - 2 min de lecture

La Fédération française du bâtiment (FFB) avait prévenu et désormais c'est dans la rue qu'elle veut se faire entendre. Sous la pluie, telle l'ambiance que ressentent les entreprises du BTP, devant les locaux à Compiègne, la FFB de l'Oise s'est mobilisée pour rendre hommages aux entreprises disparues ces derniers mois. Symboliquement, les entreprises rassemblées ont assisté à un enterrement : une liste d'entreprises disparues a été lue, une maison inachevée, des casques noirs et des chrysanthèmes ont été sortis pour cette occasion. «Une entreprise qui disparaît, c'est un morceau de notre économie et de notre territoire qui se meurt», explique Loïc Lelu, président de la FFB Oise, après une minute de silence. 

Un avenir pluvieux ?

Le présent inquiète la FFB Oise, qui avance des chiffres estimés préoccupants : en 2025, 952 entreprises du BTP sont en procédure collective, dont 136 dans l'Oise. En 2026, la construction de logements restera sous la barre des 300 000 en France, loin des 450 000 à 500 000 nécessaires et la rénovation bascule pour la première fois en négatif. Finalement, en quatre ans, le bâtiment a perdu près de 60 000 emplois, dont 20 000 en 2026. «Ces chiffres sont notre réalité, celle d'une profession qui s'affaiblit, de chefs d'entreprise qui s'épuisent et un pays qui se prive de l'un de ses moteurs», décrit Loïc Lelu. 

Un moteur qui demeure une force économique vive : le BTP rassemble, en France, 450 000 entreprises, emploie 1,7 million de personnes et génère 200 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Mais au-delà des chiffres, ce secteur d'activité est présent au quotidien : «nous faisons prospérer nos territoires : nous rénovons nos écoles, nos hôpitaux et nous participons au rêve de beaucoup de Français qui souhaite accéder à la propriété», rappelle le président de la FFB Oise.

Mobilisation générale

Plus largement, cette mobilisation montre l'année noire vécue par le secteur du BTP, une année noire parmi d'autres, et montre aussi la détermination de la fédération à échanger avec les élus. «Depuis des années rien n'est fait et nous n'avons, encore une fois, aucune perspective, exprime Loïc Lelu. Le secteur n'est pas écouté alors maintenant nous sortons dans la rue». 

Épaulée par Les Entrepreneurs de l'Oise et le Medef Oise, la FFB Oise interpelle sur la situation globale des entreprises. «Est-ce qu'on doit continuer à regarder toutes nos entreprises disparaître ou alors faut se mobiliser et être en force pour pouvoir justement soutenir tous nos camarades. Les entrepreneurs, nous sommes vraiment encore une fois mobilisés pour soutenir la FFB», exprime Philippe Morin, président du Medef Oise, venu à cette mobilisation. «Toutes les entreprises de tous les secteurs sont touchées de plein fouet. Il y a un manque de confiance totale dans notre pays. De toute façon, c'est l'inertie depuis des années», exprime quant à lui Sébastien Pain, vice-président des Entrepreneurs Oise.

Un Acte 2 est déjà prévu, plus fort, si les fédérations considèrent n'être toujours pas entendues. 

Virginie Kubatko | La Gazette France

Virginie Kubatko

Journaliste , La Gazette Oise

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