Dossier

Beauvais : Teravenir entame une levée de fonds et sa pahse de commercialisation

Fondée à Amiens et aujourd'hui incubée au Start Lab de Beauvais, la start-up de l'agri-tech se prépare à la phase d'industrialisation. Son système de pilotage de la fertilisation des cultures semble séduire de grands acteurs agricoles.

Benjamin Mendou a installé deux de ses prototypes sur le terrain du Start Lab à Beauvais. Ils sont équipés d'un panneau photovoltaïque qui assure leur alimentation électrique. © Aletheia Press / B.Delabre

Benjamin Mendou a installé deux de ses prototypes sur le terrain du Start Lab à Beauvais. Ils sont équipés d'un panneau photovoltaïque qui assure leur alimentation électrique. © Aletheia Press / B.Delabre

Suivre en temps réel l'évolution chimique des sols. Voilà la promesse faite par Teravenir. Incubée au Start Lab de Beauvais, la start-up vient d’entrer en phase de commercialisation et engage, dans le même temps, une levée de fonds de 750 000 euros ainsi qu’une augmentation de capital de 500 000 euros.

À l’origine du projet : Benjamin Mendou. Formé aux biotechnologies végétales, l'homme est marqué dans son parcours universitaire par l'approximation qui préside encore dans la gestion de la fertilisation azotée des cultures. «Les suivis par drones ou satellites mesurent une biomasse, mais pas réellement la teneur en azote du sol», relève-t-il. 

Pilotage en temps réel

Il imagine alors une sonde capable de monitorer le sol en temps réel. «Notre sonde mesure plusieurs données dans trois horizons de sols différents : à 30, 50 et 70 cm de profondeur». Elle enregistre des données cruciales pour le pilotage de la fertilisation et de l'irrigation des cultures : la température, le taux d'humidité, le PH et les concentrations en azote, phosphore et potassium.

Toutes ces données sont transmises en temps réel à une application. «Beaucoup des ODA (outils d'aide à la décision en agriculture, ndlr) actuels doivent acheter de la métadonnée pour être fonctionnels. Nous la métadonnée, arrive en direct depuis les sondes», sourit Benjamin Mendou, le fondateur. L'algorithme s'empare ensuite de ces données, qu'il croise avec les données de base saisies pour chaque parcelle (comme la nature du sol, le type de culture…) pour juger de la disponibilité effective des éléments de nourrissage des plantes, leur dynamique prévisible et de la nécessité d'une intervention ou non.

Des perspectives de commercialisation

Créée en 2024, sur les bases d'un brevet déposé en 2017, Teravenir compte deux salariés en plus du fondateur. Elle entre aujourd'hui dans la phase de commercialisation. Pour supporter ce développement, la start-up compte sur une augmentation de capital et sur une levée de fonds. Elle peut compter sur des appuis de poids : la Région qui a financé le prototype, ou encore Beauvais RevAgro et Iterra… Teravenir a aussi engagé des partenariats avec UniLaSalle, qui apporte une caution technique et agronomique, et dispose d'ores et déjà de perspectives de commercialisation auprès de la coopérative Unéal, filiale du groupe Advitam.

«Nous sommes prêts pour la phase d’industrialisation», assure Benjamin Mendou, qui a vu de nouvelles perspectives d'affaires naître après sa participation au dernier Salon international de l'Agriculture. Les partenaires industriels sont identifiés et opérationnels. Ne reste qu'à franchir le gué.

Pour Aletheia Press, Benoit Delabre