Dans un contexte national tendu, les buralistes mosellans tirent la sonnette d’alarme. En France, près d’une cigarette sur deux consommée proviendrait désormais de circuits parallèles, selon plusieurs études récentes. Un chiffre qui illustre l’ampleur du défi auquel sont confrontés les professionnels, notamment dans les territoires frontaliers comme la Moselle.
Réunis le 18 avril à La Grande de Condé, à Condé-Northen, pour leur assemblée générale, les buralistes mosellans ont largement consacré leurs échanges à cette problématique. Environ 170 professionnels étaient présents pour évoquer une concurrence jugée déloyale, alimentée par les écarts de prix avec les pays voisins et le développement de réseaux de revente illégale, y compris désormais par le biais les réseaux sociaux.
Sur le terrain, les conséquences sont concrètes : baisse du chiffre d’affaires, perte de clientèle et nécessité de diversifier les activités, en proposant des services complémentaires comme des jeux, La Poste ou encore la vente de produits quotidiens. Cette mutation, déjà engagée depuis plusieurs années, s’accélère sous la pression du marché parallèle.
Les buralistes mosellans dénoncent également une multiplication des points de vente illégaux, parfois installés dans des commerces ou des bars, et un manque de sanctions dissuasives. «Il faut des réponses plus fermes», ont-ils martelé, appelant à un renforcement des contrôles et à davantage de moyens pour les douanes et les forces de l’ordre.
Les chiffres régionaux confirment cette tension : plus de 26 tonnes de tabac ont été saisies en Lorraine en 2025, signe d’un trafic toujours actif malgré les opérations de contrôle.
En présence du président de la fédération nationale des buralistes, Serdar Kaya, cette assemblée générale a ainsi pris une dimension particulière. Au-delà des enjeux locaux, les buralistes attendent désormais des décisions fortes de l’État pour préserver leur réseau, qui compte encore plus de 22 000 points de vente en France, mais dont l’équilibre économique paraît de plus en plus fragile.