Décryptage

Hauts-de-France : la filière régionale de l’électronique se structure enfin

La filière de l’électronique en région s’est souvent retrouvée seule. C’est désormais terminé avec la création, en janvier 2026, de la Fédération de l’Électronique Française. Une nouvelle étape qui a de nombreux bénéfices au niveau régional. 

Il était temps. En janvier 2026, après la fusion des associations principales que sont l’ACSIEL (Alliance des Composants et Systèmes pour l'Industrie Electronique), le SNESE (Syndicat National des Entreprises de Sous-Traitance Electronique) et le SPDEI (Syndicat Professionnel de la Distribution en électronique Industrielle), a été créée la Fédération de l’Électronique Française. Laurence Dassas, sa déléguée générale, était présente à Lille, en Hauts-de-France, pour présenter la Fédération et permettre un développement de la filière en partant des régions. «Nous avons des forces en région, des savoir-faire industriels, académiques et d'innovation. On travaille avec les pôles de compétitivité aussi pour mieux se structurer», explique-t-elle.

Travail commun entre sciences et entreprise

Chaque région a ses spécificités et les Hauts-de-France ne font pas exception. Parmi elles, Laurence Dassas cite les laboratoires, «comme l'IEMN (Institut d'Electronique, de Microélectronique et de Nanotechnologies), qui est reconnu au niveau national et international. Il y a aussi des industriels, des start-up, des moyennes et grandes entreprises. La région a des spécificités sur les domaines applicatifs, car elle est très présente sur la santé, l'aéronautique ou l'industrie». Des atouts également soulignés par Vanessa Tocut, déléguée régionale du CNRS Hauts-de-France, avec les liens entre la recherche fondamentale et le milieu des entreprises, très forts dans la région. Même si «la recherche fondamentale vers les formations est historiquement très silotée», avec «peu de docteurs dans les entreprises, avec des ponts entre les domaines qui n'existaient pas ou qui étaient très marginalement portés par quelques innovateurs».

Avec l’avènement de la Fédération, cela va changer. Surtout qu’au niveau régional comme national, «les enjeux de réindustrialisation et de souveraineté sont pris en compte», ajoute Vanessa Tocut. Le besoin de se structurer était essentiel et cela va permettre à la région Hauts-de-France de passer de la constatation à l’action, car elle est reconnue à l’échelle européenne pour son travail, mais uniquement par les initiés, alors que Vanessa Tocut souhaite que «la science fasse corps avec la cité et la société». Une volonté partagée par Laurence Dassas, qui précise que «les projets collaboratifs existent, mais ils sont trop silencieux. Désormais, il faut qu'on arrive à communiquer». Une communication qui passe d’abord par la promotion de la nouvelle fédération à travers l’hexagone, avant de se faire reconnaître au niveau continental. 

Les chiffres de la filière en Hauts-de-France 

  • 246 établissements liés à l'électronique, dont 30 laboratoires
  • Environ 32 000 emplois
  • 42 établissements qui proposent un diplôme en électronique