Dossier
Entreprises

Bureaux : les coûts immobiliers reculent, la facture grimpe

    L’énergie, la maintenance et les services aux salariés absorbent les économies réalisées sur l’immobilier. Les Buzzy Ratios 2026 de l’IDET montrent comment le partage des bureaux, les équipements techniques et l’évolution des prestations d’accueil et de restauration transforment les dépenses des entreprises.

Les dépenses immobilières baissent, mais le coût global des bureaux continue d’augmenter. C’est le principal enseignement des Buzzy Ratios 2026, présentés par l’IDET, l’association des professionnels des environnements de travail, à partir des dépenses de bureaux observées en 2025. Les dépenses immobilières reculent de 0,5% par m² entre 2024 et 2025, à 441 euros. Une première depuis 2020. Pourtant, le coût global, hors travaux et investissements, progresse de 3%, à 11 406 euros par poste de travail et par an.

Des surfaces resserrées

Le recul immobilier tient à un marché tertiaire «atone», mais aussi aux efforts des entreprises : renégociation des baux, regroupement de bureaux et optimisation des espaces. «La surface moyenne par poste atteint 14,1 m², contre 15 m² dans la précédente édition». Elle a diminué de 39% depuis 2009. Ces économies entraînent cependant d’autres dépenses. Les déménagements augmentent de 38 % par collaborateur par rapport à 2024. «Quand on rend des surfaces, on a un certain nombre de collaborateurs et de postes de travail à déménager. C'est la contrepartie de l'optimisation qu'on a vue dans les coûts de l'immobilier», explique Hubert Labouche, secrétaire général adjoint de l’IDET, chargé des études et de la prospective. Réduire les surfaces suppose donc d’intégrer le coût de la réorganisation. Un arbitrage qui dépasse le seul montant des loyers.

Mais le fonctionnement des bâtiments coûte plus cher

Les dépenses d’exploitation atteignent 119 euros par m², en hausse de 13% sur un an, portée pour partie par l’inflation. L’énergie représente 35 euros par m² et a augmenté de 95% depuis 2021. La maintenance atteint également 35 euros/ m², en progression annuelle de 30%. Sébastien Sibai, responsable des études et de la prospective de l’IDET, explique cette hausse notamment par les normes environnementales et les conditions climatiques, qui encouragent les entreprises à moderniser leurs systèmes de chauffage et de climatisation.

Hubert Labouche souligne également que les systèmes de pilotage des bâtiments, dotés de nombreux capteurs, sont «assez complexes» et «nécessitent une maintenance régulière et importante».

Autre poste de dépense, la propreté, qui augmente de 13%, à 24 euros/m². Outre les salaires et le prix des produits, le partage des bureaux accroît les exigences de nettoyage. «C’est un peu la revanche de la mise en place du flex office», observe Hubert Labouche. Le partage des postes entre plusieurs collaborateurs impose un nettoyage plus fréquent : «On le faisait deux à trois fois par semaine. Maintenant, on le fait tous les jours». Seul poste en recul, la sécurité, en baisse de 15%, à 21 euros par m².

Les services montent en gamme

Les services aux résidents progressent de 10%, (1 052 euros par personne), la restauration de 11% et l’accueil de 10%. Au-delà de l’inflation, les attentes évoluent : alimentation variée, approvisionnement local, accueil personnalisé ou animation des espaces. Pour les RH, ces dépenses participent à l’expérience des salariés dans des bureaux dont la fréquentation a changé avec le travail hybride.

Les travaux et investissements augmentent aussi de 30% par m² : ils répondent à des obligations réglementaires et à la transformation des espaces.