En visite cantonale le 21 avril, la présidente du Département, Christelle Hiver, s’est rendue sur l’exploitation de la famille Defacque à Visme-au-Val. «Nous avons visité différentes entreprises, comme le site Porchet de Courval, mais nous voulions aussi aller à la rencontre d’acteurs artisanaux qui font briller la Somme», explique-t-elle.
Installée depuis 1965, la famille Defacque a progressivement diversifié ses activités. Un tournant intervient en 1988, lorsque Marie-Paule Defacque se lance dans la fabrication de confitures. «Une femme d’agriculteur qui faisait des confitures, ça faisait rigoler tout le monde au début», se souvient l’octogénaire.
Mais ses recettes trouvent rapidement leur public. En 1995, sa participation au premier festival des confitures de Salouël agit comme un déclic : «Cela m’a donné envie d’aller plus loin». Depuis, la confiturière a été sacrée à plusieurs reprises championne de France, avant de décrocher un titre mondial en 2013. Une reconnaissance qui ne change rien à ses pratiques : fidèle à une méthode artisanale, elle continue de produire sans chercher à industrialiser.
À contre-courant de l’industrialisation
Attachée à la qualité, l’exploitation privilégie les circuits courts. «Nous utilisons essentiellement des fruits issus de producteurs locaux et nous respectons les saisons. C’est essentiel», souligne Sophie Defacque, belle-fille de Marie-Paule, arrivée en 2000. La production est concentrée sur quatre jours par semaine. «Nous limitons chaque tournée à 5 kg de fruits, soit environ 25 pots. Au-delà, la confiture n’est plus la même. Les bons jours, nous pouvons aller jusqu’à dix tournées», précise-t-elle.
Un choix fidèle à l’ADN familial. «Nous sommes restés sur une méthode artisanale, avec une cuisson à la bassine. Cela peut paraître archaïque, mais c’est ce qui fait la différence. Nous ne souhaitons ni mécaniser ni augmenter la production», insiste Marie-Paule Defacque.
Un exemple d’approvisionnement local
L’exploitation propose aujourd’hui près de 80 recettes, distribuées dans une quarantaine de points de vente, de Dieppe à l’est de la Somme. Elle fournit aussi la restauration collective via la plateforme Approlocal. «Nous fournissons la cuisine centrale d’Amiens qui alimente les écoles, avec des produits de saison comme la fraise, la pomme, la framboise ou la rhubarbe», précise Sophie Defacque.
Un modèle en phase avec les orientations du territoire, comme le souligne la présidente du Département, Christelle Hiver: «Cela résonne particulièrement pour nous puisque nous sommes l’un des départements les plus avancés sur l’approvisionnement en produits locaux, notamment dans les collèges».
Pour Aletheia Press, Diane La Phung
Une exploitation familiale multiple
Outre les confitures, la famille Defacque est à la tête d'une exploitation agricole dont la production sert à nourrir les 300 blondes d'Aquitaine dont la viande est proposée au sein de la boutique de la ferme. «Mes parents ont aussi créé une entreprise de services aux agriculteurs (battage, élagage, épandage de fumiers, de craie…)», détaille Frédéric Defacque, l'un des quatre fils associés sur la ferme qui compte 12 salariés. «Nous sommes très attachés à l'idée de transmission, d'ailleurs aujourd'hui, c'est au tour de nos neveux de nous rejoindre», conclut-il.