Le développement rapide de l’IA nécessite le déploiement de centaines de milliers de serveurs informatiques, provoquant ainsi des tensions majeures dans l’industrie des semi-conducteurs, qui se traduisent par une flambée des prix des composants, faisant notamment exploser les tarifs des ordinateurs portables.
Apple dispose de marges suffisamment confortables pour se permettre de moins répercuter les hausses des prix des composants que d’autres constructeurs. Au point que les tarifs de la gamme MacBook Air se sont progressivement rapprochés de ceux des PC portables Windows professionnels. Début mars, Apple bouscule le marché, avec la sortie du MacBook Neo, un ordinateur portable accessible en France au prix de base de 699 euros. Afin de réduire les coûts, la firme réutilise ici le processeur de son iPhone 16. Il est encore trop tôt pour savoir si le ‘low-cost’ s’installera durablement dans la stratégie d’Apple (avec, par exemple, la sortie d’un Mac Neo). La firme a toutefois déjà gagné son pari, en ralliant de nouveaux utilisateurs à son écosystème de solutions numériques.
Un rebond chez Google ?
Chez Google, les ordinateurs portables à bas coût ont un nom : Chromebook. Resserrés autour d’un seul usage, la navigation web, les Chromebooks peuvent se permettre d’intégrer moins de mémoire vive, moins de stockage et moins de puissance processeur que des ordinateurs portables traditionnels. Efficaces, ces machines sont toutefois loin de déchaîner les passions. Google a récemment levé le voile sur les Googlebooks, une nouvelle offre plus attractive, centrée autour de son intelligence artificielle Gemini. Toujours présent, le navigateur web Chrome permet d’accéder à l’ensemble du web, dont – bien évidemment – les services en ligne de la firme. Les utilisateurs pourront également accéder aux applications et données de leur smartphone Android directement depuis un Googlebook. Cette nouvelle génération mise donc sur l’IA, le web et la proximité avec le monde Android pour remporter l’adhésion du public. Reste une inconnue : leur prix. La réponse devrait parvenir cet automne, lors de la commercialisation des premiers modèles.
Le monde des PC Windows dans l’impasse ?
Pour le moment, les constructeurs de PC Windows arrivent à maintenir les tarifs de leurs ordinateurs portables grand public à des niveaux raisonnables. Les hausses de prix massives constatées sur les gammes professionnelles n’augurent toutefois rien de bon pour l’avenir. Avec l’initiative Project Firefly, Intel promet d’abaisser le coût de conception des ordinateurs portables, en mettant à la disposition des constructeurs un design de carte mère prêt à l’emploi, compact et optimisé. Ce design mise sur une connectique interne et des composants standardisés, afin de réduire de façon maximale les coûts de production, tout en ouvrant la voie à de potentielles économies d’échelle, une même carte mère étant susceptible d’être utilisée sur plusieurs machines.
La position de Microsoft
La plupart des grands constructeurs ont d’ores et déjà annoncé qu’ils proposeraient des ordinateurs portables basés sur cette initiative Project Firefly. Mais pas Microsoft. Rappelons que le géant de Redmond, en plus de développer le système d’exploitation Windows, propose aussi sa propre gamme de tablettes et ‘laptops’. Depuis plusieurs années, la firme tente de mettre en avant des machines Windows non plus architecturées autour de processeurs x86 signés Intel ou AMD, mais de composants ARM. Ces ordinateurs portables se sont jusqu’alors distingués par leur poids réduit, par leur autonomie souvent spectaculaire… et leur prix élitiste. Partenaire de Microsoft, Qualcomm a récemment annoncé la commercialisation d’une nouvelle gamme de puces ARM économiques dédiées au monde Windows, les Snapdragon C. L’objectif ? Proposer des PC Windows ARM à des prix inférieurs à celui du MacBook Neo d’Apple.
Il reste que le principal problème des PC Windows est justement Windows ! C’est en partie parce qu’Apple a su contenir les besoins en ressources de son système d’exploitation macOS que le MacBook Neo arrive à proposer de si bonnes performances. Une des réponses à la montée du prix des composants réside donc aussi dans la capacité des éditeurs à optimiser leurs logiciels pour des machines de puissance plus modeste.