Une "charge explosive" a sauté dans la nuit de mercredi à jeudi devant le siège de la compagnie maritime Corsica Linea à Ajaccio, endommageant la façade et deux véhicules garés à proximité, a indiqué jeudi la procureure d'Ajaccio.
Les faits ont eu lieu vers 2 heures du matin et une enquête pour destruction par moyen dangereux a été ouverte et confiée à la police, a précisé à l'AFP Fanny Floquet, procureure de la République d'Ajaccio.
Il s'agit de dégâts légers avec une baie vitrée brisée et deux véhicules endommagés, indique à l'AFP une source proche du dossier qui ajoute que cet événement intervient "dans un contexte de conflit syndical" mais "qu'un tel conflit se traduise par un coup de pression de cette nature serait quand même nouveau".
Contactée par l'AFP, la compagnie a indiqué ne pas souhaiter communiquer.
Début octobre, les bateaux de la compagnie avaient été bloqués à Marseille pendant plusieurs jours par une grève initiée par la CGT des marins qui reprochait à la direction de la Corsica Linea le "choix ubuesque" d'affrètement du bateau Massalia - propriété de la Méridionale (groupe CMA CGM) - à la place d'un navire de la Corsica Linea, sur des lignes reliant deux ports corses (Propriano et Île Rousse) à Marseille.
Le consortium corse CM Holding, propriétaire de la Corsica Linea, avait fait part de son exaspération devant "un blocage de trop", dénonçant des "contre-vérités" et annonçant "suspendre l'ensemble de l'activité de l'entreprise", pendant le week-end, le temps d'"évaluer la forme que prendra leur éventuel engagement futur dans la Corsica Linea."
CM Holding avait ensuite annoncé le lundi la reprise de l'activité, assurant que "de nouvelles bases pour le dialogue social dans l'entreprise, fondées sur la responsabilité, le respect mutuel et la continuité du service rendu à la Corse" avaient été posées.
La CGT des marins, pour sa part, avait précisé que la direction voulait revoir deux accords d'entreprise : "ils touchent les accords qui régissent le droit syndical dans l'entreprise, en fait ils s'attaquent aux syndicats", avait résumé le délégué CGT Frédéric Alpozzo.
La CGT avait appelé la direction "à reprendre un véritable dialogue social dans le cadre de nos instances avec le comité social et économique (CSE) et au-delà avec notre syndicat majoritaire au sein de Corsica Linea."