Dossier

En voguant par la Lorraine…

L’eau, source de vie et de potentiel touristique ! Dans la région, les quelque 2 500 km de fleuves, rivières, canaux gérés par Voies navigables de France font aujourd’hui l’objet d’une attention particulière en matière de développement. Bienvenue dans l’univers du «fluvestre». 

La barge se positionne tranquillement au gré des flots en plein milieu du port de plaisance de Nancy. Le long des berges du quai Sainte-Catherine, les marcheurs et vététistes s’arrêtent à la vue de cet étrange ballet fluvial matinal. 

Pendant les quinze premiers jours de juin, les équipes de l’entreprise CDES, spécialisée dans les travaux fluviaux mandatée par Voies navigables de France (VNF) avec l’appui des agences du service territorial Canal de la Marne au Rhin Est-Embranchement de Nancy, sont intervenues pour draguer le bassin portuaire à l’aide d’une imposante grue. 

Inlassablement, l’engin plonge son godet dans les profondeurs des eaux nancéiennes pour en extraire le surplus de sédiments accumulés au fil du temps. Objectif : permettre la restauration d’un mouillage de 2,2 mètres en vue du développement du futur pôle fluvial au cœur de la cité ducale. 

L’opération entre dans le cadre d’un vaste projet souhaité par la direction territoriale Nord-Est de VNF en lien avec la Ville de Nancy et la Métropole du Grand Nancy. 

«Nous allons redonner au port nancéien sa vocation initiale d’accueil de bateaux de plaisance et développer de nouveaux services pour renforcer l’attractivité de cette infrastructure», assurait en début d’année, à l’occasion du lancement du projet, Sophie-Charlotte Valentin, la directrice territoriale Nord-Est de VNF. 

Bateau-Restaurant, base de location d’embarcations électriques en passant par des hébergements insolites flottants devraient être prochainement proposés. 

 Potentiel à travailler 

 «Le potentiel en matière de développement du tourisme fluvial sur les domaines publics que nous gérons est aujourd’hui sous-exploité sur ces parties du canal de la Marne au Rhin et de la Boucle de la Moselle», assure la directrice territoriale Nord-Est de VNF. 

Avec ses 2 500 km de fleuves, de rivières et de canaux, le Grand Est affiche un potentiel touristique certain le long de la voie d’eau. Le poids économique de ce secteur affiche déjà quelque 

91 millions d’euros dans la région et génère près de 250 emplois principalement en Alsace (au niveau national, le poids du tourisme fluvial dépasse le milliard d’euros). Un potentiel à travailler dans le reste de la région ! VNF a mis en œuvre, en lien avec les différentes collectivités territoriales concernées, une stratégie ciblée. nom de code : Fluvestre. 

«Cela regroupe l’ensemble des activités touristiques et de loisirs se pratiquant le long des fleuves et des canaux». Elles sont multiples . Sur l’eau en premier lieu, croisière, bateau promenade, location de bateaux, plaisance privée en passant par les activités aquatiques sportives comme l’aviron et le kayak. Mais également des activités terrestres, le long des anciens chemins de halage. 

Les berges ouvrent le tourisme fluvial à la randonnée, à l’écotourisme, à la découverte culturelle. Souvent peu considérées, les activités récréatives de tout ordre qui s’exercent au voisinage du réseau de VNF (sports nautiques, course à pied, promenade, restauration, pêche) affichent une valeur sociale et économique certaine. 

La période estivale qui démarre devrait permettre à bon nombre de touristes locaux et étrangers de découvrir les bienfaits régionaux au fil de l’eau. 


Les cycles et l’eau…   

Le vélo et le bateau, duo gagnant ! 90% du réseau des Voies navigables de France sont longés par une véloroute existante ou inscrite au Schéma national des véloroutes vertes. Les anciens chemins de halage sont réhabilités pour accueillir les cyclotouristes. De leur côté, plusieurs opérateurs et croisiéristes proposent des produits combinés, bateau et vélo. Des signes que l’offre de tourisme «fluvestre» commence à se structurer.