Alors que la population des Hauts-de-France a légèrement reculé ces dernières années, l'artisanat poursuit son développement, avec 95 000 entreprises artisanales actives, en hausse de 24% sur cinq ans. C'est l'un des principaux enseignements du dernier baromètre ISM-MAAF. Cette croissance intervient dans un contexte démographique peu favorable (-0,2 % sur la même période), confirmant le rôle de l'artisanat comme moteur de proximité et de vitalité économique. Les entreprises artisanales représentent désormais 29% de l'ensemble des entreprises actives régionales, un niveau légèrement supérieur à la moyenne nationale. La dynamique touche l'ensemble des territoires. Les services constituent le premier secteur artisanal (41% des entreprises), devant le BTP (37%), la fabrication (15%) et l'alimentation (7%).
Tous les départements enregistrent une hausse du nombre d'entreprises artisanales. Le Nord et le Pas-de-Calais arrivent en tête, devant l'Oise, la Somme et l'Aisne. Parmi les communes les plus dynamiques figurent Faches-Thumesnil (+54,7 %), Vieux-Condé (+47,6%), Bruay-sur-l'Escaut (+45%) et Hénin-Beaumont (+43,6%).
Boom des instituts de beauté
Davantage de communes disposent désormais d'artisans du bâtiment, de réparateurs automobiles et de coiffeurs. Les instituts de beauté et ongleries connaissent la plus forte progression, présents dans 42% des communes contre 27% cinq ans plus tôt. En revanche, les métiers de bouche restent fragilisés : la présence des boulangeries recule légèrement, tandis que les boucheries-charcuteries poursuivent leur disparition dans les territoires. Pour Catherine Elie, directrice des études de l'ISM, cette dynamique montre que «l'artisanat joue un rôle d'amortisseur économique et de maintien des services à la population», même si la consolidation de certaines activités, notamment les métiers de bouche, demeure un enjeu majeur pour les territoires.