Cinquante ans après sa création, le groupe Hiolle, dont le siège social est à Prouvy, poursuit sa route à grande vitesse. Il est dirigé depuis plus de 15 ans par Véronique Hiolle, présidente et fille du fondateur. «J’ai repris la direction du groupe en mai 2010, mais j’avais déjà de l’ancienneté comme directrice financière. Je vis avec ce groupe depuis mon enfance. Pour moi, c’était naturel de succéder à mon père. Pour lui, moins, car il voyait cela comme un métier d’homme. J’ai dû faire mes preuves», raconte-t-elle. Elle affirme aujourd'hui vouloir renforcer la place des femmes dans l’industrie et leur présence dans les filiales.
Une belle histoire d'entrepreneur
C'est donc en 1976, que l'histoire débute… par une mauvaise nouvelle : Jean-Michel Hiolle perd son emploi de dessinateur-projecteur. Il fonde alors, avec trois associés et sans capital, une société de maintenance industrielle : Team, faisant sienne l'une des maximes de Winston Churchill : «L’échec n’est pas fatal. C’est le courage de continuer qui compte». Au fil des années, des filiales viennent compléter l’activité initiale. Le groupe se structure et devient Hiolle Industries. «Chaque filiale est indépendante et gérée comme un centre de profit. Mais en cas de besoin, nous sommes capables de mutualiser toutes les compétences», explique le fondateur.
Le développement s’accélère avec plusieurs étapes clés : entrée en bourse en 2007, contrat de 16 millions d’euros avec Alstom en 2017, puis diversification vers l’aéronautique et l’internationalisation. «À 35 ans, j’ai dû retourner à la chambre de commerce pour apprendre l’anglais, sourit Jean-Michel Hiolle. C’était indispensable pour gérer les relations internationales».
Un groupe international tourné vers l’avenir
Si la chaudronnerie et la maintenance industrielle restent présentes, l’activité s’est fortement diversifiée. «Aujourd'hui la majorité de notre chiffre d’affaires est réalisée autour de l’électronique», précise Véronique Hiolle. Hiolle Industries intervient désormais dans la défense, le ferroviaire, l’aéronautique, le médical, la robotique ou encore les métiers de l’eau, et participe notamment au câblage des avions Rafale. «Le secret, c’est d’innover en permanence, d’être flexible, car les conjonctures ne sont jamais simples, et de rester un groupe à taille humaine, familial», souligne la dirigeante.
Les projets se poursuivent, notamment avec la réhabilitation d’un bâtiment historique à Valenciennes, destiné à la maintenance ferroviaire. Le groupe a remporté un contrat de cinq ans pour la maintenance des TER Hauts-de-France. Le futur site comprendra quatre voies de 250 mètres et une fosse permettant d’intervenir sous les trains. «Ce site représente beaucoup d’investissements, mais nous en sommes fiers», ajoute-t-elle.
À l’international, les ambitions se poursuivent aussi avec une future implantation annoncée aux États-Unis, probablement en Pennsylvanie. Dans la continuité familiale, Julien, fils de Véronique Hiolle, a déjà rejoint une filiale du groupe. Ouvrira-t-il la voie aux prochaines décennies de développement de Hiolle Industries ? L’avenir le dira.
Pour Aletheia Press, Lolita Péron Vranesic
Hiolle Industries en chiffres
Aujourd’hui, Hiolle Industries rassemble plus de 1 000 collaborateurs, dont plus de 250 au Maroc, au sein d’une douzaine de filiales en France et à l’étranger, avec une offre industrielle diversifiée. En 2025, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 118 millions d’euros.