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Agriculture

L’Agence Bio dresse le bilan d’une année 2025 mouvementée

Malgré les difficultés rencontrées l’an passé, l’Agence Bio continue d’assurer ses missions, alors que les objectifs de développement de l’agriculture biologique en France sont loin d’être atteints.


© Adobe Stock.

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2025 aura été une année pleine d’incertitudes pour l’action et l’avenir de l’Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique, dite Agence Bio. Menacée de disparition en tout début d’année, elle a vu ses crédits sérieusement amputés quelques mois plus tard.

Un amendement visant à sa suppression

En janvier 2025, le Sénat a adopté un amendement (porté par le sénateur Laurent Duplomb, Haute-Loire, LR) visant à supprimer l’Agence Bio : la droite sénatoriale juge que ses missions peuvent être reprises par d’autres opérateurs ou réinternalisées au sein du ministère de l’Agriculture. Face à cette menace, l’ensemble des acteurs de la filière biologique ont appelé le gouvernement à maintenir l’Agence, en mettant en avant l’efficacité de son travail au service d’un secteur en difficulté depuis 2022, date à laquelle le marché a commencé à se retourner, après des années de forte croissance. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, qui avait rendu un «avis de sagesse» (ni favorable ni défavorable), lors du vote de l’amendement, a alors déclaré que le gouvernement ne le soutiendrait pas.

Un budget amputé de plus de la moitié

En mai 2025, le budget de l’Agence Bio, comme celui d’autres opérateurs, a subi un gros coup de rabot. Le ministère de l’Agriculture a annoncé la suppression des 5 millions d’euros alloués à la campagne de communication «C’est bio la France», destinée à redynamiser la consommation de produits bio, et la baisse de près de 10 millions d’euros de la dotation du fonds Avenir bio (passé de 18 millions en 2024 à 8,6 millions, en 2025), destiné au soutien de projets.

La France encore loin de ses objectifs

Malgré ces difficultés, l’Agence Bio « a poursuivi avec constance ses missions d’intérêt général » en 2025, écrivent ses dirigeants dans l’éditorial du rapport d’activité 2025, avant de rappeler que les objectifs de développement de l’agriculture biologique – 18% de la surface agricole utile en 2027 et 21% en 2030 – ne sont pas encore atteints. En 2025, 17% des fermes françaises étaient engagées en bio, représentant 10% de la surface agricole utile. «Afin d’atteindre ces objectifs, la filière a besoin d’être accompagnée et soutenue. L’Agence Bio, aux côtés de l’État, y participe». L’agriculture biologique représente un marché de 12 milliards d’euros, près de 62 000 fermes et 25 000 entreprises (transformateurs, distributeurs…).

Timide reprise de la consommation de produits bio à domicile

Selon le Baromètre de la consommation et de la perception des produits biologiques en 2025, conduit par l’Agence Bio, et l’Observatoire Société et Consommation ObSoCo, l’année passée a été marquée par une légère reprise de la consommation de produits alimentaires biologiques en France, et ce dans toutes les catégories de population. Un peu plus de la moitié des Français (54%) ont en effet déclaré en consommer au moins une fois par mois et près d’un tiers (30%) au moins une fois par semaine (soit des taux équivalents à ceux observés en 2023).

Un profil de consommateur très marqué, mais qui tend à se diversifier

La tendance reste très marquée sociologiquement (les plus diplômés sont 50% à consommer des produits bio au moins une fois par semaine, vs 21% pour les moins diplômés), ainsi qu’en termes de niveau de vie (ceux dont les revenus sont supérieurs à 2 500 euros par mois en consomment davantage que ceux dont les revenus sont inférieurs à ce montant). Autre constat : les moins de 34 ans sont plus nombreux que leurs aînés à en consommer régulièrement. Mais le profil des adeptes du bio tend néanmoins à se diversifier : les foyers à faible revenus, avec enfants, ou encore les employés, sont surreprésentés parmi les nouveaux consommateurs de bio. Le premier frein à la consommation de ces produits évoqué par les Français est leur coût et le second, les doutes sur le fait que les produits soient totalement bio.