Dossier

L’amour des risques…

Dans le climat général actuel, loin d’être des plus optimistes, l’univers assurantiel enregistre des évolutions marquantes, avec en première ligne un boom des assurances vie permettant une redistribution salvatrice dans l’économie réelle. Le tout dans un contexte où les risques connaissent une profonde mutation. 



© DR. Les évolutions technologiques entraînent l’apparition de nouveaux risques dont les impacts peuvent être plus que dommageables.

© DR. Les évolutions technologiques entraînent l’apparition de nouveaux risques dont les impacts peuvent être plus que dommageables.

Le cursus anxiogène a son plus haut niveau ! 84% des Français sont inquiets pour le pays à court et moyen termes, une anxiété partagée par les collectivités territoriales à hauteur de 63% à en croire l’enquête d’opinion Elabe réalisée pour le compte de France Assureurs, la fédération française des assureurs, en début d’année. 

Les différents indices de confiance dans le climat des affaires et du moral des entrepreneurs sont dans la même veine, voire pire. «En 2025, l’ordre mondial a profondément évolué. L’année a été marquée par une intensification des conflits entre grandes puissances et un affaiblissement des mécanismes de régulation multilatéraux. Nous assistons à une généralisation des guerres hybrides combinant cyberattaques et désinformation amplifiée par l’intelligence artificielle. La plupart des risques apparaissent imminents», assure France Assureurs. 

Confirmation faite à la lecture de la 9e cartographie des risques publiée en début d’année par cette fédération. «Le classement des risques apparaît globalement stable par rapport à l’édition précédente, mais cette stabilité masque des évolutions significatives dans l’appréciation de plusieurs risques majeurs. Le risque de cyberattaques demeure ainsi, pour la neuvième année consécutive, la première menace, et reste de loin le risque le plus sévère. Le dérèglement climatique, qui avait atteint la première place ex æquo en 2025, recule à la troisième position, juste derrière le risque lié à l’environnement économique. Ces deux risques sont désormais suivis de très près par l’environnement politique, dont la progression constitue l’un des faits marquants de 2026, dans un contexte où les récents débats budgétaires ont notamment porté sur la vision de l’assurance, en particulier de l’assurance vie, au sein de la société».


Sinistralité élevé


À la fin de l’année 2025, l’encours total en matière d’assurance vie s’est élevé à 2107 milliards d’euros, du quasi jamais vu ! «Avec des cotisations qui frôlent les 200 milliards d’euros, une collecte nette de plus de 50 milliards d’euros pour la première fois depuis 15 ans et un encours qui a dépassé le seuil symbolique des 2 000 milliards d’euros, le bilan 2025 de la collecte de l’assurance vie confirme l’attractivité et la solidité de ce placement de long terme qui s’adresse à tous les Français. Cette épargne contribue chaque jour au financement de l’économie française : elle soutient l’industrie et le tissu économique dans son ensemble et participe également au financement des infrastructures et de la santé publique. L’assurance vie joue ainsi un rôle essentiel d’intermédiaire entre l’épargne des Français et les besoins de financement de l’économie réelle», assure Paul Esmein, le directeur général de France Assureurs. 

Dans cette logique, 2 774 milliards d’euros ont été investis par les assureurs à la fin 2025, «un montant qui a plus que doublé en vingt ans, c’est l’équivalent de 93% du PIB national». 81% de ses investissements le sont dans la zone euro et «la part consacrée au financement des entreprises est passée de 53% en 2025 à 64% aujourd’hui»

Des entreprises où la sinistralité des assurances professionnelles demeure à un niveau élevé. Avec 935 millions d’euros, l’année 2025 reste la troisième année la plus coûteuse des douze dernières années pour la profession, hors événements urbains. «Il est nécessaire de renforcer la prévention au sein des entreprises en finançant des essais à taille réelle pour mieux comprendre les mécanismes de déclenchement, de propagation et d’extinction des incendies, en particulier ceux liés aux batteries lithium-ion qui se sont généralisées dans notre environnement quotidien»

Il est nécessaire de renforcer la prévention au sein des entreprises

Autre risque marquant de l’univers entrepreneurial, les risques technologiques. «Ils occupent une place centrale. Aux cyberattaques s’ajoutent désormais deux risques en forte progression. Le risque lié à l’intelligence artificielle et celui relatif à la qualité des données et à la conformité des processus IT. Ces risques progressent fortement. Nous maîtrisons mieux la survenance de certains incidents mais nous anticipons en revanche des impacts potentiellement plus graves en cas de réalisation, dans un contexte d’accélération des usages numériques, du recours au cloud et du déploiement de solutions d’intelligence artificielle»

Les usages évoluent, «c’est le sens de l’histoire» comme l’assurent certains, les risques et dangers persistent et mutent…


Assurance vie : un moteur…  

2 107 milliards d’euros ! C’est l’encours total de l’assurance vie l’an passé (source : France Assureurs). Cette manne a permis aux assureurs d’investir 2 774 milliards d’euros, soit une augmentation de +6,3% par rapport à 2024. La part consacrée aux entreprises est passée de 53% à 64% aujourd’hui.