Enfin, une amélioration en vue ? Le 13 octobre, à Paris, la Fédération des ascenseurs, qui réunit les entreprises du secteur (plus de 200 pour 17 000 salariés) tenait une conférence de presse consacrée à la présentation des lauréats de la 11e édition des Trophées des ascenseurs. L'occasion, pour Florence Bigé, présidente de la fédération, d'attirer l'attention sur un sujet majeur : le rôle des ascenseurs dans l'une des transitions majeures en cours, celle démographique, qui se traduit par un vieillissement – et une perte d'autonomie- de la population. «Le maintien à domicile constitue un enjeu majeur pour demain. Donc, l'ascenseur devrait avoir toute sa place dans la politique du logement. Malheureusement, il en est un peu le parent pauvre», estime Florence Bigé. En septembre dernier, Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, s'est montré, selon elle, sensible aux arguments de la fédération : des amendements ont été ajoutés dans le projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement, consacrant des propositions des ascensoristes. Parmi elles, l'obligation d'inscrire les ascenseurs dans le plan pluriannuel de travaux et diagnostic technique global des copropriétés. «Cela permettra de faire en sorte que la budgétisation de la rénovation de l'ascenseur soit prise en compte, comme c'est fait pour les autres lots», explique Alain Meslier, délégué général de la fédération. Néanmoins, l'adoption du texte législatif -qui doit encore être examiné en séance publique à l'Assemblée Nationale- reste hypothétique tant le calendrier parlementaire est engorgé.
Et, au delà du projet de loi, certains dispositifs existants sont insuffisants, selon la fédération. Par exemple, MaPrimeAdapt' qui aide les particuliers à adapter leur logement à leur perte d'autonomie est assortie de conditions d'éligibilité beaucoup trop restrictives. Elle ne finance qu'un nombre très limité d'installations de monte-escalier ou petits élévateurs.
Un ascenseur dans mon salon
Certains projets lauréats des Trophées de l'ascenseur illustrent la variété des situations dans lesquelles la rénovation ou l'intégration d'un ascenseur dans un bâtiment existant rend ce dernier plus accessible à des personnes à l'autonomie limitée – par le vieillissement ou un handicap -. Le cas le plus emblématique : le trophée «Mobilité verticale au service de l'autonomie», remporté par MM Bernard et Gonthier avec Sachot Design et compact (Vendée). Un couple, qui avait acheté une maison à La Tranche-sur-Mer pour sa retraite, a dû renoncer à l'escalier menant à l'étage des chambres, devenu difficilement praticable. Un élévateur l'a remplacé. Le défi était technique, puisque le chauffage au sol interdisait de toucher à ce dernier. Sur le plan esthétique, choix du design et de la transparence ont permis d'intégrer l'élévateur au salon de manière plutôt harmonieuse. Autre exemple de trophée, «Accessibilité à l'espace public et aux bâtiments tertiaires» ( SCI Les fontaines et SEMA). Il récompense la mise en place d'un élévateur hydraulique sur quatre niveaux dans une ancienne maison transformée en cabinet médical pour 12 professionnels, en Ardèche. Le dispositif, conforme aux exigences d'accessibilité des établissements accueillant du public, a été installé sans dénaturer le bâtiment.
Mais l'adaptation aux défis du vieillissement passe aussi par une rénovation des ascenseurs existants. C'est ce qu'illustre le trophée «Modernisation et bénéfices utilisateurs», remporté par Paris Habitat et TK Elevator France ( Val-de-Marne). Dans les tours Boileau (17 étages), à Champigny-sur-Marne, la modernisation des appareils a notamment permis de remplacer les portes battantes des ascenseurs par des portes automatiques, plus accessibles.