À l’origine de cette mobilisation, Matthieu Paul Bertrand Fresse, frontalier et créateur de la communauté La Bétaillère Nancy-Metz-Lux, qui relaie au quotidien les difficultés rencontrées par les usagers de la ligne. Lancée sans soutien politique, la pétition publique n°4103 a été ouverte aux signatures le 4 juin dernier. Son objectif : obtenir un plan d’urgence luxembourgeois pour la ligne L90, axe stratégique emprunté chaque jour par des dizaines de milliers de travailleurs frontaliers.
Retards, suppressions de trains, rames bondées et manque de places sont devenus récurrents pour les voyageurs. Une situation aggravée par l'augmentation continue du nombre de frontaliers français et par la pression du marché immobilier luxembourgeois, qui pousse davantage de salariés à résider en Lorraine. Pour les pétitionnaires, cette saturation constitue aussi un enjeu économique et environnemental : un service ferroviaire insuffisant risque d'encourager le recours à la voiture et de pénaliser l'attractivité du Luxembourg.
Un débat public désormais possible
Les revendications portent notamment sur la renégociation de la coopération ferroviaire franco-luxembourgeoise, un engagement financier accru du Luxembourg dans le développement du Sillon lorrain et l'acquisition rapide de nouvelles rames CFL dédiées à la L90.
Les pétitionnaires demandent également d'augmenter rapidement les capacités sur les trains saturés, d'accélérer les investissements transfrontaliers, de mieux coordonner les opérateurs et d'améliorer l'information des voyageurs en temps réel. Ils souhaitent enfin associer davantage les entreprises bénéficiant du travail frontalier au financement d'une mobilité durable.
Avec le seuil des 5.500 signatures franchi, la pétition peut désormais donner lieu à un débat public à la Chambre des députés. La date doit encore être fixée en fonction des disponibilités des différentes parties. L'association entend par ailleurs poursuivre la mobilisation et viser les 6.000 signatures pour renforcer le poids de sa démarche.