Exploitants agricoles tarditionnels sur 200 hectares (céréales, pommes de terre, fécules, betteraves…), Anaïs et Pierre-Luc Despréaux se sont lancés dans la diversification en misant sur la culture de fraises hors sol pour la troisième saison. «Elle reste le premier fruit du printemps, ont-ils expliqué à Christelle Hiver, présidente du conseil départemental de la Somme, venue découvrir leurs serres, notamment avec Jannick Lefeuvre, conseiller départemental du canton de Poix-de-Picardie, lors d’une visite cantonale. Il est symbole de soleil, de chaleur. Les gens en veulent tôt. Cette culture tombe dans notre saison creuse, juste avant les moissons».
Au début du projet, les deux exploitants ont installé une première serre de 500 m², puis, devant le succès rentré, une seconde de 1 000 m² a été implantée. Ainsi, ils cultivent désormais trois variétés de fraises leur permettant d’étaler la production donc la vente du 20 avril à fin juin. Les premiers plants arrivent pour le 15 décembre. «Nous nous approvisionnons chez Pepimat à Noyon, précisent-ils. Nous leurs achetons aussi des ruches de bourdons pour la pollinisation, étape préalable à la fécondation. Nous ne faisons que des fraises de saison. Nous avons fait le choix du hors sol car il y moins de traitement que pour les fraises de plein champ et il y a moins de perte. Une fois la saison terminée, les pieds sont étendus dans des cultures pour enrichir les sols».
Durant la période de canicule, le couple et ses deux saisonniers ont été aux petits soins pour les fruits qui ont été irrigués toutes les demi-heures et cueillis dès 4 heures avant que chaleur ne soit trop élevée dans la serre. Ils espèrent parvenir à 5 tonnes cette année et songent à s’agrandir encore.
Cueillettes et ventes en magasin
Pour encore quelques semaines, le grand public peut venir cueillir des fraises les mercredis et samedis. Autres débouchés pour le couple, le supermarché Leclerc de Pont-Remy et Matthys Fleurs à Oisemont, qui font de la revente. Anaïs Despréaux est présente sur le marché de Poix-de-Picardie le dimanche matin et sur celui de Croixrault le 10 juin prochain.
Les gourmands peuvent retrouver leurs fruits dans les pâtisseries de la boulangerie-pâtisserie Les saveurs oubliées à Poix-de-Picardie ou dans celles des restaurants La Claire Fontaine à Fontaine-le-Sec ou du Café de Picardie à Poix-de-Picardie. Sans compter : la maison de retraite de Poix-de-Picardie, les collèges de Poix-de-Picardie, Oisemont et Beaucamps-le-Vieux. Christelle Hiver et ses équipes ont d’ailleurs pu les déguster au terme de déjeuner au collège Maréchal-Leclerc-de-Hauteclocque à Beaucamps-le-Vieux. «Les fraises étaient très très bonnes, assure t-elle. C’est un fruit simple et tellement goûtu. Les producteurs doivent se référencer sur la plateforme Approlocal.fr. Les collèges font leur commande auprès de ceux les plus proches. Elle permet pour les producteurs de favoriser la vente en circuits courts et aux collégiens de bien manger».
Membres du réseau Bienvenue à la ferme, Anaïs et Pierre-Luc Despréaux, dont l’exploitation est labellisée ferme pédagogique, organisent des animations avec des écoles pour expliquer toute la vie du plant et même transformer les fraises en milksake. «Les enfants ne savent pas beaucoup d’où viennent les fruits et les légumes», constatent-ils.