Lancée à l'automne dernier par l'association Pour une Agriculture du Vivant, la coalition Covalo Hauts-de-France rassemble quatorze acteurs agricoles et agroalimentaires publics comme privés, parmi lesquels Bonduelle, McCain, Unéal ou encore Coopérative U. Son ambition ? Construire un cadre commun afin d'accompagner les exploitants vers une agriculture régénératrice tout en sécurisant leurs investissements.
Lever les freins à la transitionDéployé depuis deux ans au niveau national, le programme repose sur cinq coalitions régionales, dont celle des Hauts-de-France, aujourd'hui la plus avancée. «Notre objectif est de lever les principaux freins à la transition agroécologique en apportant aux agriculteurs une double sécurisation, technique et financière», explique Anne Trombini, directrice générale de l’association. «Pour changer durablement les pratiques, il faut créer un cadre simple, lisible et économiquement viable pour tous les acteurs de la filière».
Le dispositif s'appuie sur trois piliers. Le premier, un cadre de performance partagé grâce à l'Indice de Régénération (IR), un indicateur agronomique permettant de mesurer la progression des exploitations, complété par un diagnostic carbone et une collecte unique des données afin d'alléger les démarches administratives. Le deuxième concerne l'accompagnement technique : chaque exploitant choisit librement un conseiller habilité pour élaborer son plan de progrès, avec un objectif fixé dans les Hauts-de-France de gagner en moyenne dix points d'IR et de réduire de 10% le bilan carbone net en trois ans. Enfin, Covalo mobilise plusieurs sources de financement, des primes filières ou prêts bonifiés.
En l’espace de six mois, la coalition régionale enregistre déjà 180 agriculteurs engagés, sélectionnés parmi plus de 250 candidats, dont près d'un tiers d'exploitations déjà considérées comme avancées. «Les premiers résultats sont encourageants et nous confortent dans la pertinence du modèle», précise Anne Trombini. «Mais nous voulons mesurer des impacts durables, sur plusieurs années et dans plusieurs territoires, avant d'en tirer des conclusions définitives». L'objectif est désormais de déployer pleinement les cinq coalitions régionales afin d'accompagner, dès l'an prochain, entre 600 et 700 agriculteurs.