Dossier

Le Crédit agricole veut «rester une banque qui accompagne tous les clients»

Dans un contexte économique tendu, le Crédit agricole Normandie Seine compte jouer pleinement son rôle d'amortisseur de chocs. Entreprise à mission depuis 2024, la banque veut peser favorablement pour le territoire.

Voilà un peu plus d'un an que le Crédit Agricole Normandie Seine est devenu «entreprise à mission». Un changement de statut que la banque régionale revendique et défend. «Nous sommes une banque universelle qui accueille tous les clients et nous voulons le rester, insiste Pascal Lheureux, président de la caisse régionale. Le contexte du marché ne va pas dans ce sens. Mais nous voulons continuer à accompagner tous les clients, y compris les plus fragiles et y compris dans les moments difficiles.»

Cet objectif, le Crédit Agricole Normandie Seine compte l'atteindre en jouant son rôle d'amortisseur de chocs, grâce à «des hausses de taux modérées», précise Léo Herz, directeur général adjoint de la caisse régionale. Notamment pour sa clientèle professionnelle. 

Les agriculteurs d'abord, corporation au sein de laquelle le Crédit agricole compte toujours 75 % de parts de marché, mais pas seulement. «Tous les gros consommateurs d'énergie souffrent, résume Karine Bourguignon, directrice générale de la caisse régionale. La CHR (cafèterie hôtellerie restauration) aussi, est particulièrement malmenée». Face à cela, la banque cherche «des solutions au cas par cas».

22,7 milliards d'encours de collecte

Mais surtout, le Crédit agricole Normandie Seine compte soutenir l'économie locale à travers son identité mutualiste et régionale. Au total, la caisse régionale a ainsi injecté 2,5 milliards d'euros dans l'économie normande (contre 2 milliards en 2024), grâce à ses 22,7 milliards d'encours de collecte. Une forme de «ruissellement» puisqu'une part de cet argent est issue du résultat de la banque régionale.

En 2025, elle a ainsi réalisé 70 millions d'euros de résultat net (+6 % par rapport à 2024), dont 25 % ont été réinvestis localement via ses filiales, mais aussi par du mécénat de compétences (cinq jours par collaborateur par an) ou du soutien aux associations. «Nous avons redistribué 1,4 million d'euros aux associations de Seine-Maritime et de l'Eure. Cela représente plus de 1 000 actions, détaille Pascal Lheureux. Nous sommes au cœur de l'économie régionale et nous sommes créateurs de lien. C'est la manière dont on voit notre capacité à être utiles».

Parcours digital et relations clientèle

Cette présence locale participe à séduire la clientèle. En 2025, toujours, ce sont 29 500 nouveaux clients qui ont rejoint la «banque verte». Soit une hausse nette d'environ 10 000 personnes, portant à 700 000 son nombre total de clients ; soit un Haut-normand sur trois. «Cela fait de nous la banque préférée des Hauts-normands, poursuit le président de la caisse régionale. Mais cela n'est pas seulement dû à notre façon d'être. La compétitivité reste le facteur déterminant, dans un modèle économique très ouvert avec une vive concurrence».

Pour cela le Crédit agricole mise, comme ses concurrents, sur une digitalisation de qualité mais aussi sur un redéploiement des compétences de ses salariés. Objectif : apporter plus de conseil et en renforcer l'expertise. Une politique rendue possible, malgré la fermeture d'une vingtaine d'agence en 2025, par l'extension des horaires d'accueil de 8h à 19h (y compris le midi) en semaine et le samedi dans de nombreuses agences.

Pour Aletheia Press, Benoit Delabre