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Le Parapluie de Cherbourg fête ses 40 ans

Le Parapluie de Cherbourg, entreprise artisanale iconique, fête ses 40 ans et envisage l'avenir avec confiance. Le dirigeant, Charles Yvon, mise sur l'export et entend suivre un modèle de croissance raisonné.


© Anne DAUBREE.

© Anne DAUBREE.

  L'anniversaire de l'anti start-up ? Ce 11 juin, Le Parapluie de Cherbourg, célèbre manufacture normande, a fêté ses quarante ans d'activité, au siège de l'entreprise. Ce dernier est situé au cœur de la ville de Cherbourg dans un bâtiment qui, précédemment, a abrité la Banque de France. Les visiteurs qui viennent acheter un parapluie dans la boutique peuvent voir l'atelier à travers une baie vitrée. Une quinzaine de salariés – la moitié des effectifs de la société- y fabriquent 25 000 parapluies, chaque année. «Réaliser un parapluie prend entre une et trois heures. Ici tout le monde est polyvalent et il faut environ cinq ans pour maîtriser chacune des étapes de production», explique Charles Yvon, aujourd'hui à la tête de la société labellisée EPV, Entreprise du patrimoine vivant. 

A l'origine de l'aventure, une intuition de Jean-Pierre Yvon, père de Charles. Il fonde la marque en 1986, après une carrière de photographe dans la mode et le luxe. Ce créatif a décidé de surfer sur le succès du film «Les Parapluies de Cherbourg» de Jacques Demy. «Je voulais couvrir toutes les villes du monde avec des Cherbourg de toutes les couleurs pour les égayer», explique Jean-Pierre Yvon. L'intuition se révèle juste. Les parapluies, réalisés selon des critères de très grande qualité, suscitent l'engouement. 

Pour autant, lorsqu'en 2018, Charles Yvon reprend la direction de l'entreprise, la situation financière est critique. «Il a fallu rationaliser», résume-t-il. Par exemple, avant lui, de très nombreux parapluies étaient réalisés sur mesure. Charles Yvon réduit le nombre de modèles à 10, organise le mode de production et la logistique, afin d'être en mesure de fournir les commerciaux très rapidement et de disposer de stocks suffisants pour faire face à la forte demande de Noël. Depuis 2018, le chiffre d'affaires est passé de 900 000 euros à 3 millions d'euros, qui proviennent pour l'essentiel de la vente à des particuliers. Mais la société réalise aussi des séries spéciales pour des clients comme les champagnes Roederer, par exemple. Elle détient aussi la marque ParaPactum, sorte de parapluie à l'épreuve des balles, dédié à la protection des personnalités. 

De la pluie au soleil, en traversant les modes 

Et demain ? Aucune annonce fracassante d'ouverture du capital, ou d'objectifs de croissance à deux chiffres, à l'occasion de l'anniversaire de l'entreprise, dont le capital est entièrement familial et qui possède son siège, dans cette ville où elle est fortement enracinée. «Je pousse le développement de manière raisonnée, en avançant petit à petit. Le but est que l'entreprise soit pérenne et rentable», explique Charles Yvon qui souhaite embaucher une dizaine de personnes d'ici cinq à 10 ans. 

Les projets sont nombreux. Parmi eux, l'élargissement de l'offre de protection de la pluie au soleil. Le 11 juin, la marque a lancé sa nouvelle offre, un parasol haut de gamme (1 200 euros), principalement destiné à l'hôtellerie de luxe et réalisé avec une société normande, Socotex. L'an dernier, une ombrelle avait été mise sur le marché. «Au départ, ce modèle était surtout prévu pour le marché asiatique, mais nous avons réalisé qu'il y avait aussi un marché de niche en France», précise Charles Yvon. 

L'export, qui constitue déjà 10% environ du chiffre d'affaires, constitue une autre piste de développement stratégique. Accompagnée de Business France, la société regarde vers l'Asie, mais aussi le Canada et les Etats-Unis. Avec un positionnement qui reste immuable : «Nous réalisons des objets d'artisanat, réalisés avec un savoir-faire d'excellence et passion. Ce sont des objets qui traversent les modes et que l'on se transmet de de génération en génération. Lorsque l'on transmet un bel objet, on transmet aussi le geste de prendre soin de ses affaires», souligne Charles Yvon.