La tendance n'est pas conjoncturelle. Tel est le constat posé par le «bilan annuel des ventes et cessions de fonds de commerce en France» pour 2025, publié ce 11 juin par Altares, expert de l'information sur les entreprises. En 2025, la transmission des fonds de commerce a diminué de 6% par rapport à l'année précédente, pour atteindre près de 29 800 opérations. Pour la première fois depuis 2022, le chiffre est passé sous la barre de 30 000 mais cela fait quatre ans, depuis la fin du rebond post Covid, que le marché stagne autour de ce niveau.
Autre baisse constatée en 2025 : les prix ont diminué de 6,4% par rapport à 2024, pour atteindre un prix moyen de 241 781 euros. «Il s’agit d’un retour à la normale après deux années de très fortes hausses. Même s’il reflue, le prix reste en réalité élevé. Le ticket moyen était inférieur à 200 000 euros avant la crise sanitaire», commentent les analystes dans l'étude.
Les experts pointent aussi un accroissement de l'écart entre les différents types de territoires. Tous sont touchés par la baisse des transactions, mais très diversement. Les bourgs ruraux sont les plus concernés. Ils subissent un repli de 10,6% du nombre d’opérations en 2025, devant les petites villes (-8,5%) et les villes moyennes (-7,1%). Les grandes villes (-1,6%) et les villages (-1,8%) résistent mieux. Quant aux prix, ils augmentent uniquement dans les grandes villes (+ 7,3%) et déclinent fortement partout ailleurs.
Au niveau régional, aussi, les tendances s’inscrivent partout à la baisse, mais quatre grands bassins économiques (Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, PACA et Occitanie) concentrent plus de la moitié des échanges. La Corse enregistre la plus forte baisse (-19,3%). Suivent les Hauts de France (-9,7% ; 1 823 transactions). En Normandie, le repli atteint 4,5% (1 679 transactions). Autres évolutions : la Bourgogne- Franche-Comté (1098 ; -7,7 %), le Centre-Val de Loire (964 ; -2,6 %), le Grand Est (1866 ; -1 %).
L’exception des pharmacies
Tous les secteurs sont concernés par la baisse des transactions à l'exception de quelques uns, dont les officines de pharmacies (+6,2% ; 842 opérations). La restauration, qui concentre le tiers des transactions, connaît une baisse, mais avec des différences selon les segments. Le premier marché, celui de la restauration traditionnelle, s'est replié de 5,7% (4 362 transactions). En revanche, la restauration rapide est restée quasiment stable (-0,6%). Même constat pour les cafés (-0,4 %). Parmi les autres secteurs, les cessions dans la coiffure ont diminué de 6,3% à 1033 opérations, tandis que les garagistes automobiles sont restés stables (949).
Côté prix, les plus fortes valorisations de fonds restent le fait des officines de pharmacie : elles se vendent en moyenne 1,22 million d’euros, malgré un léger tassement de 1% sur un an. Suivent, les supermarchés, en dépit de la forte baisse (-51,6%), après une année 2024 «hors normes». Leur valorisation atteint désormais 913 429 euros, en moyenne. A la troisième place, les hôtels (473 108 euros , -2,6%). Suivent les buralistes (366 155 euros ; -1,8%) et les commerces de journaux et papeterie (312 839 euros ; -1,6%).
Dans le panorama globalement baissier de l'année 2025, «un signal positif émerge», note l'étude : «Le prix médian, plus représentatif des transactions ‘ordinaires’, atteint 112 700 € en 2025 vs 110 000 € un an plus tôt, soit une progression de 2,5%, preuve d’une relative résilience du marché». Les tendances de ce premier trimestre 2026 prolongent celles de 2025, en nombre de transactions (-2,9%, par rapport T1 2025), et en terme de prix (-6,9 %).