Portrait
Textile

Lingerie made in Meuse

Installée depuis 2023 à Stenay, dans le Nord Meusien, la marque de lingerie Apodesme est née de la volonté de Patricia Esnault de célébrer la femme en lui proposant des modèles haut de gamme et made in France. La jeune marque fait d’ailleurs partie des nominées au concours des Talents 2026 porté par le Centre du luxe et de la création qui dévoilera les pépites primées le 23 juin prochain, à Paris.


Le point de départ de l’aventure entrepreneuriale de Patricia Esnault remonte déjà à deux décennies. De passage à Paris pour acheter une lingerie spécifique et adaptée à une de ses tenues, elle enchaîne les boutiques sans parvenir à trouver le modèle de ses rêves. En rentrant chez elle, elle décide de créer son entreprise en s’appuyant sur un configurateur pour proposer aux femmes des pièces sur mesure et personnalisées. Mais, à cette époque, les achats en ligne sont limités. Les banques ne la suivent pas et elle range son idée au fond d’un tiroir. L’arrivée sur le marché de plusieurs mastodontes dont Zalando, boosté par l’essor des ventes en ligne, la pousse à enfin se lancer en 2019 au Luxembourg. «Depuis quasiment trois décennies, j'étais consultante en organisation d’entreprise et je ressentais de plus en plus le besoin de créer de mes propres mains», analyse aujourd’hui la créatrice d’Apodesme. En 2022, elle pose ses valises en Meuse, à Stenay, et relance son entreprise en France mais en l’adaptant. Plus question de configurateur boudé par les clientes mais une ferme intention de dessiner et fabriquer des pièces haut de gamme où chaque détail est soigné, respectant les règles techniques de la corseterie pour garantir confort et esthétisme. Pour renforcer l’exclusivité, chaque modèle est produit à base de matières nobles (soie, dentelle de Calais ou cuir) en édition limitée à cent exemplaires. 

Le besoin de se réinventer

Derrière chaque collection, c’est toute une histoire qui est racontée par Patricia Esnault avec toujours la même envie de célébrer les femmes autour de gammes diversifiées : «Temptation» à base de dentelle de Calais, «Glamour» avec des satins de soie aux couleurs acidulées ou encore «Héroic» qui casse les codes avec du cuir. Sa dernière-née, «Des femmes et des bulles» est directement inspirée par le Champagne, symbole du raffinement où les perles, le satin de soie et les tulles ont été privilégiés. Parmi les quarante-huit modèles proposés à la vente, c’est la version en cuir qui rencontre le plus grand succès. Si, chaque année, deux collections sont confectionnées dans son atelier, c’est toujours dans l’imagination de l’artisane que les pièces prennent vie. En 2026, Apodesme innove avec une offre de «lingerie de plage», s’appuyant sur un concept révolutionnaire de pièces hybrides pouvant se porter comme de la lingerie ou faire office de maillot de bain. La fondatrice prévoit aussi de continuer à explorer des matériaux non conventionnels pour la collection qui sera dévoilée à l’automne prochain. «Je ressens le besoin d’explorer d’autres possibilités avec des matières qu’on n’a pas l’habitude de trouver en lingerie», explique celle qui avoue «être toujours en mouvement», mais aussi à l’initiative. Si, au début de son aventure, elle pensait imaginer les pièces puis sous-traiter la production, finalement, elle gère dans son atelier chaque étape après s’être formée au stylisme, au modélisme et à la confection, sachant que la philosophie de la marque propose «des pièces durables, incluant un service de réparation pour assurer leur longévité».

2026, une année décisive

Après avoir participé à plusieurs Salons dont celui du Made in France à Paris, Apodesme est parvenue à séduire des clientes aux quatre coins du monde grâce à son site Internet. 2026 marquera toutefois une étape importante avec sa nomination au concours des Talents du luxe et de la création qui dévoilera son palmarès le 23 juin prochain. Cette reconnaissance dans ce milieu fermé devra s’accompagner d’une meilleure visibilité. C’est pour cette raison qu’au second semestre, la Meusienne d’adoption souhaite privilégier une participation à des Salons spécialisés, comme Ob’Art à Paris en novembre prochain, mais aussi l’ouverture d’un pop-up store parisien et le recrutement d’un commercial indépendant spécialisé dans le luxe pour développer ses ventes. La traduction de son site Internet, en Anglais, vise d’ailleurs à renforcer son audience internationale, notamment américaine. À l’heure où de nombreuses marques françaises rencontrent des difficultés et où certaines vont baisser le rideau, Patricia Esnault fourmille d’idées. Elle qui a développé en parallèle la marque Leda, répondant à une demande de lingerie française plus accessible, pourrait jouer la carte de la vente à domicile, particulièrement appréciée en province et en zone rurale. À l’approche de la soixantaine et de la retraite, la créatrice ambitionne de redonner toutes ses lettres de noblesse à la lingerie Made in France.

«Des pièces durables, incluant un service de réparation pour assurer leur longévité»

Pourquoi Apodesme ? 

 Mot grec désignant une ceinture placée sous le sein des femmes à l’antiquité ; le premier soutien-gorge en quelque sorte.