Portrait

LMK Energy : de l’innovation contrariée à la réussite industrielle

A l’image du bassin minier, c’est une entreprise symbole de résilience, une entreprise familiale qui a su transformer les épreuves en opportunités pour devenir un acteur incontournable du combustible bois et de la transition énergétique. Bienvenue chez LMK Energy à Mazingarbe. 


Fondée en 2010 par Franck Lavarde, LMK Energy (acronyme de Lavarde et des prénoms des filles du fondateur, Mandy et Kelly) s’inscrit dès l’origine dans une démarche d’innovation. Son ambition : développer un procédé de torréfaction de plaquettes de bois afin de produire un combustible capable de remplacer le charbon dans l’industrie. « Mon père souhaitait proposer une alternative crédible au charbon, à la fois performante et respectueuse de l’environnement » explique Mandy Gadenne, qui dirige désormais la société avec sa soeur et son mari, Etienne. 

Mais les débuts sont compliqués. L’unité industrielle, développée avec un partenaire technologique, ne fonctionne pas comme attendu et des incidents techniques fragilisent l’ensemble du projet. « Nous avons connu des départs de feu, des arrêts de production… c’était extrêmement éprouvant humainement et financièrement puisque mon père avait investi une grande part de fonds propres ».

L’arrivée d’un grand groupe industriel redonne de l’espoir à l’entrepreneur et, pendant plus d’un an, les équipes travaillent à l’amélioration du procédé. « Nous étions à deux doigts d’aboutir à quelque chose de très prometteur » se souvient-elle, « mais le retrait brutal de notre partenaire a été un véritable coup d’arrêt ! Il a fallu dès lors se battre pour récupérer nos actifs et nos brevets ». Et redémarrer de zéro ou presque. 

Un virage stratégique 

Face à ces obstacles, LMK opère un virage stratégique dès 2013 en se tournant vers la production de bûches densifiées afin de générer rapidement du chiffre d’affaires. « Nous n’avions pas le choix, il fallait trouver une solution pour faire vivre l’entreprise et préserver les emplois » poursuit Mandy Gadenne. « Les débuts sont pourtant loin d’être simples car c’est un produit qui avait une mauvaise image, beaucoup pensaient qu’il y avait de la colle, que ça ne chauffait pas correctement… nous avons dû faire énormément de pédagogie, expliquer que c’était un produit 100 % naturel et plus performant que le bois traditionnel ».

L’entreprise nordiste se lance via la vente directe, puis s’ouvre progressivement à la grande distribution. « Nous avons construit notre réseau pas à pas, en instaurant une relation de confiance avec nos partenaires. Cela a démarré avec Gamm Vert, puis avec des enseignes comme Intermarché, Leclerc, Leroy Merlin, Bricomarché, et Jardiland, tout en conservant les ventes aux particuliers ». Cette dynamique lui permet de se développer rapidement et d’élargir sa gamme pour répondre aux attentes des distributeurs. « Nous avons compris qu’il fallait proposer une offre complète pour exister sur ce marché » souligne-t-elle. « Aujourd’hui, nous sommes capables de répondre à l’ensemble des besoins en combustibles bois ».

LMK Energy s’est notamment dotée d’une unité de conditionnement de granulés, ainsi que d’un important espace de stockage pour en sécuriser les approvisionnements. « Le marché est très volatil, notamment sur les granulés, il est donc essentiel pour nous d’anticiper et de garantir la disponibilité des produits »

60 000 tonnes de combustibles par an

Aujourd’hui, LMK Energy est une PME solide, employant une vingtaine de salariés et distribuant environ 60 000 tonnes de combustibles chaque année. « En innovant et en investissant, nous avons réussi à transformer une situation critique en un modèle économique pérenne ». LMK a également développé sa propre flotte logistique afin de gagner en rapidité et flexibilité, et « maîtriser la qualité de service » précise Mandy Gadenne. « Nos camions sont d’ailleurs équipés d'éthylotests pour assurer la fiabilité des livraisons et la sécurité des conducteurs, une mesure rare dans le secteur »

De quoi envisager l’avenir avec sérénité, sans pour autant abandonner son ambition initiale. « Le procédé de torréfaction est maîtrisé, mais nécessite encore des investissements que nous ne pouvons assumer seuls… la technologie a un fort potentiel industriel, il nous faut donc trouver des partenaires pour relancer ce projet ». Et boucler la boucle. 


En chiffres…

  • Année de création : 2010
  • Effectif : 20 salariés
  • Production annuelle : 60 000 tonnes
  • Dont granulés : 45 000 tonnes