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Mayoly relocalise la production de colchicine en Bourgogne et mise sur la souveraineté sanitaire

Le laboratoire pharmaceutique français Mayoly investit 2,5 millions d’euros pour relocaliser en France la production de la colchicine, un médicament stratégique utilisé notamment contre la goutte. Un projet industriel mené avec le façonnier Galien à Auxerre, qui s’inscrit dans la volonté de renforcer la souveraineté sanitaire du pays et de sécuriser l’approvisionnement de molécules essentielles.



Par Amandine Ibled

Face aux tensions récurrentes sur l’approvisionnement de certains médicaments, le laboratoire français et indépendant Mayoly fait le pari du «produire en France». Le groupe a inauguré ce lundi, sur le site de son partenaire industriel Galien à Auxerre (Yonne), une nouvelle ligne de production destinée à accueillir, à terme, la fabrication de la colchicine, une molécule classée parmi les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM). L’investissement s’élève à 2,5 millions d’euros. Les premières boîtes produites en Bourgogne-Franche-Comté sont attendues à l’horizon 2027. 

Un projet qui répond avant tout à un objectif de sécurisation des approvisionnements, dans un contexte où la dépendance à des productions extérieures est régulièrement pointée du doigt par les pouvoirs publics. «Le laboratoire a fait le choix stratégique et fort de relocaliser un médicament essentiel sur le sol français. L’enjeu est de sécuriser l’approvisionnement pour les patients et de garantir leur accès au traitement», explique Alexandre Nique, directeur général France de Mayoly. Le projet vise une capacité de production d'environ 3 millions de boîtes par an. Un volume qui doit permettre de répondre aux besoins du marché français, avant une éventuelle montée en puissance vers l'export. La colchicine est notamment utilisée dans le traitement de la goutte, une maladie qui touche entre 600 000 et 1,2 million de personnes en France.

Un investissement industriel qui appelle un soutien public

Pour mener à bien cette relocalisation, Mayoly s’appuie sur l’expertise industrielle de Galien. La fabrication de la colchicine nécessite en effet des équipements spécifiques et un savoir-faire particulier. «C’est une molécule hautement active qui demande une expertise importante et des capacités industrielles adaptées», souligne le dirigeant. Au-delà de l’enjeu sanitaire, le projet s’inscrit dans une stratégie industrielle de long terme. Présent dans 21 pays et réalisant près des deux tiers de son chiffre d’affaires à l’international, Mayoly conserve un fort ancrage français avec quatre sites de production dans l’Hexagone et plus de 80% de ses produits fabriqués en France. 

Pour autant, le laboratoire rappelle que la relocalisation a un coût. «Produire en France représente un investissement important. La souveraineté sanitaire a un prix et nous avons besoin du soutien de l’ensemble de l’écosystème, notamment des pouvoirs publics», affirme Alexandre Nique. Au-delà des emplois créés (non communiqué par la direction à ce stade) et des compétences développées localement, Mayoly voit dans cette relocalisation un signal fort envoyé à toute la filière pharmaceutique française. «Nous parlons ici d’un médicament identifié parmi les molécules stratégiques pour la France. Ces projets sont essentiels pour garantir l’accès des patients aux traitements dans la durée», conclut Alexandre Nique. Avec cette nouvelle ligne de production à Auxerre, la Bourgogne-Franche-Comté s’offre ainsi un projet emblématique de la réindustrialisation pharmaceutique française, à l’heure où la souveraineté sanitaire est devenue un enjeu économique autant que politique.