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Meta teste les notes des internautes en Amérique latine, inquiétudes sur la fin du fact-checking

Meta a annoncé mercedi le lancement en phase de test des "notes de la communauté" dans 16 pays d'Amérique latine, des  contributions d'internautes qui ont vocation à remplacer le fact-checking sur ses réseaux sociaux, suscitant...
Logo Meta sur un smartphone à Mulhouse, le 11 février 2026 © SEBASTIEN BOZON

Logo Meta sur un smartphone à Mulhouse, le 11 février 2026 © SEBASTIEN BOZON

Meta a annoncé mercedi le lancement en phase de test des "notes de la communauté" dans 16 pays d'Amérique latine, des  contributions d'internautes qui ont vocation à remplacer le fact-checking sur ses réseaux sociaux, suscitant des craintes d'une résurgence de la désinformation.

L'initiative intervient un peu moins de deux ans après la transition opérée par Meta aux Etats-Unis, du fact-checking vers le système des "notes de la communauté".

Ces notes sont produites par des utilisateurs référencés qui estiment qu'un message nécessite des précisions ou de la contextualisation, le plus souvent en y joignant des sources.

Si suffisamment d'autres contributeurs, avec des points de vue variés, jugent ces notes utiles, elles seront publiées sur la plateforme concernée, Facebook, Instagram ou Threads.

"Nous allons nous débarrasser des fact-checkers et les remplacer par les notes de la communauté, semblables à ce que fait (le réseau social) X, en commençant pas les Etats-Unis", avait annoncé, début janvier 2025, le PDG de Meta Mark Zuckeberg.

Cette décision visait à remédier au système en place, qui produisait, selon lui, "trop d'erreurs et trop de censure". "Nous allons revenir à nos racines, (...) et "réinstaurer la liberté d'expression sur nos plateformes".

Plusieurs études ont montré que ce dispositif était moins efficace que le travail de professionnels du fact-checking pour lutter contre la désinformation.

Une fois constituée une communauté de contributeurs en Amérique latine, "nous espérons (que les notes des internautes) deviendrons le nouveau standard de nos plateformes", a expliqué Meta mardi.

Mercredi, Angie Holan, directrice du Réseau international de vérification des faits (International fact-checking network), dont l'AFP est membre, s'est dite "profondément inquiète" de cette annonce.

"Les notes de la communauté seules ne sont tout simplement pas adéquates quand il s'agit de réduire l'impact de la désinformation dangereuse sur les réseaux sociaux", a prévenu la responsable, dans une réaction transmise à l'AFP.

Qualité pas quantité

L'arrivée des "notes de la communauté" intervient alors que plusieurs pays de la région ont vu récemment l'élection de dirigeants populistes de droite, notamment le Pérou, la Colombie et le Costa-Rica, après le Chili et l'Argentine.

Ces dirigeants utilisent de façon intensive les réseaux sociaux, en proie à la désinformation, pour améliorer leur image et diffuser de la propagande. Certains ont été accusés d'avoir usé de groupes d'internautes très actifs pour donner l'impression d'un fort soutien populaire.

"Les journalistes de vérification numérique de l'AFP ont fait un travail remarquable durant les huit dernières années en Amérique latine pour améliorer la qualité de l'écosystème de l'information", a commenté Phil Chetwynd, directeur de l'information de l'Agence France-Presse.

"Leur travail a été régulièrement salué par Meta, les responsables politiques et les médias", a-t-il ajouté.

L'AFP participe dans plusieurs langues à un programme de vérification numérique développé par Facebook, qui rémunère des dizaines de médias ou organisations à travers le monde pour utiliser leurs "fact-checks" sur sa plateforme, sur WhatsApp et sur Instagram.

Meta fait valoir que plus de 1,4 million d'utilisateurs participent aux notes de la communauté aux Etats-Unis. Le volume des messages a dépassé celui des fact-checkers indépendants et "apparait souvent plus rapidement", selon le géant des réseaux sociaux.

“Les études sérieuses laissent penser que les notes de la communauté ne peuvent être pertinentes que lorsque les contributeurs peuvent s'appuyer sur du journalisme de vérification numérique réalisé de façon précise et déontologique", a déclaré Phil Chetwynd.

"Le fact-checking et les notes de la communauté doivent aller de pair. Ce qui compte c'est la qualité des notes, pas leur quantité."

En avril, le conseil de surveillance de Meta avait reproché à la direction du groupe de Menlo Park (Californie) d'avoir renoncé "à la hâte" au fact-checking aux Etats-Unis.

Il avait appelé l'entreprise à mesurer de façon méthodique l'efficacité des notes de contexte par comparaison au fact-checking et à faire état publiquement des résultats.