Le contrôle de la Chambre régionale des comptes Grand Est sur les exercices 2020 à 2024 met en lumière les difficultés de l’association CRD / EURES Frontaliers Grand Est. Son activité, centrée sur l’information juridique et l’accompagnement des travailleurs frontaliers, étudiants, retraités, entreprises et administrations, repose principalement sur des financements de la Région Grand Est et des fonds européens. Alors que le résultat est déficitaire depuis 2021, la Chambre estime que la pérennité du modèle économique doit être sécurisée. Pour la Meuse, où les mobilités professionnelles vers les pays voisins font partie des enjeux d’emploi et d’attractivité, l’évolution de ce service pourrait avoir des conséquences sur l’accès à l’information et à l’accompagnement des actifs concernés.
Un modèle financier public à consolider
Au-delà de la situation meusienne, le rapport souligne les enjeux auxquels sont confrontés les dispositifs d’accompagnement de la mobilité professionnelle dans le Grand Est. La dépendance aux financements publics et européens fragilise leur visibilité financière à moyen terme, tandis que la trésorerie de l’association pourrait devenir négative dans quatre exercices si la tendance actuelle se poursuit. La Chambre recommande également une refonte des statuts afin de clarifier la gouvernance et de sécuriser juridiquement le fonctionnement de la structure. Pour les territoires comme la Meuse, la question dépasse ainsi la seule gestion associative : elle touche au financement durable des services qui facilitent les parcours professionnels et les échanges de main-d’œuvre à l’échelle transfrontalière.