Dossier

Neodd active la dynamique normande autour des transitions durables

Association créée par des organisations patronales, Normandie entreprises objectifs développement durable soutient les TPE et PME dans leurs projets RSE, décarbonation en tête. Objectif : inscrire l'économie normande dans une dynamique vertueuse.

De gauche à droite : Xavier Prévost (CPME), Florian Leclercq (U2P) et Simon Lubais (Medef). ©Aletheia Press/B.Delabre

De gauche à droite : Xavier Prévost (CPME), Florian Leclercq (U2P) et Simon Lubais (Medef). ©Aletheia Press/B.Delabre

Créée il y a cinq ans à l'initiative de trois organisations patronales - le Medef, la CPME et l'U2P -, l'association Normandie entreprises objectifs développement durable (Neodd) a tenu son assemblée générale le 21 mai à Rouen. Avec toujours son objectif initial : accompagner des TPE et PME dans leurs transitions socio-environnementales.

«Lorsque Neodd a été créée, seules les entreprises les plus vertueuses, les plus investies, étaient engagées dans la transition écologique», se rappelle Xavier Prévost, ex-président de la CPME, mais actuel président de l'association Neodd 2030. Il poursuit : «Mais aujourd'hui cela intéresse toutes les entreprises. Car celles qui n'entrent pas dans la démarche n'auront plus, demain, d'accès au marché !»

Identifier les enjeux et les pistes d'action

Ce message, Neodd le claironne dans tous les territoires de Normandie. «Les grands donneurs d'ordre ont besoin de sous-traitants engagés. Comment une entreprise peut-elle être vertueuse sans des sous-traitants vertueux ?» questionne Simon Lubais, le président de Neodd et mandataire du Medef. Soutenue par la Région et par l'Ademe, l'association organise chaque année cinq à six forums et ateliers pour sensibiliser les chefs d'entreprise à ces questions et leur proposer des solutions, ou a minima des pistes de réflexion.

La porte d'entrée reste souvent la décarbonation. «Le changement climatique, c'est l'urgence la plus frappante et il est perçu comme tel par les entrepreneurs», assure Simon Lubais. Mais la réflexion autour de cette question ouvre aussi rapidement la voie aux autres piliers de la RSE : gestion des déchets, pollution, mais aussi inclusion, bien-être au travail… «Notre rôle est d'aider les entreprises à identifier les enjeux prioritaires pour elles… Et de leur montrer des exemples qui fonctionnent. Après, on passe le relais à d'autres.»

Réconcilier le temps court et le temps long

Globalement, le message est compris et entendu. Chaque forum draine 50 à 70 entreprises. En parallèle, 140 sont adhérentes de la plateforme Evol'up by Neodd, un «tableau de bord» individuel qui permet à chaque TPE ou PME de recenser ses besoins et de suivre ses pistes de travail. Certains territoires, et certains secteurs d'activité sont plus dynamiques que d'autres.

«Dans les territoires sur lesquels il y a de gros donneurs d'ordre, une dynamique se crée naturellement, explique Sabine Guichet-Lebailly, coordinatrice de Neodd. Dans les grandes agglomérations, il y a une vive concurrence, et toujours la crainte que la RSE conduise à une hausse des coûts et une perte de compétitivité, mais ce n'est pas vrai du tout !» Dans un contexte économique pour le moins bouleversé, «le vrai défi c'est de réconcilier le temps court et le temps long», conclut Simon Lubais.

Pour Aletheia Press, Benoit Delabre