Portrait

Patio Blanchard : quand une usine de chaussettes devient un lieu de vie

À Montceau-les-Mines, l’ancienne usine Blanchard, longtemps symbole du passé industriel local, entame une nouvelle vie. Porté par L’Immobilière, le projet Patio Blanchard transformera cette imposante friche de 9 000 m² en une résidence de 33 logements. Un pari ambitieux à l’heure où la promotion immobilière traverse l’une des plus graves crises de son histoire.

Dans un marché du neuf toujours sous tension, les initiatives de construction se font rares. Selon la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), les réservations de logements neufs ont chuté de 23,6 % au deuxième trimestre 2026, avec seulement 19 356 ventes enregistrées en France. Pourtant, à Montceau-les-Mines, L’Immobilière a choisi de poursuivre une opération atypique : la reconversion de l’ancienne usine de bonneterie Blanchard, implantée quai Émiland-Gauthey, au bord du canal du Centre. 

Fondée en 1948 par Louis Blanchard, ingénieur centralien devenu industriel, l’entreprise produisait jusqu’à 3,6 millions de paires de chaussettes par an. Son usine, bâtie progressivement entre 1954 et 1974, se distingue par une architecture néoclassique en béton armé inscrite au patrimoine industriel local. Après sa fermeture, le site est resté en sommeil pendant plusieurs années. Pour L’Immobilière, la démolition n’était pas une option. «Détruire un bâtiment comme celui-là représenterait aujourd’hui un coût colossal. La structure existante est exceptionnelle, et surtout le site bénéficie d’un emplacement quasiment en centre-ville», explique Gilles Badet, dirigeant de L’Immobilière.

«Nous travaillons sur un marché de niche : la résidence principale de qualité»

Derrière son apparence homogène, l’usine est en réalité composée de cinq constructions distinctes reliées par des joints de dilatation. Pour créer le futur patio central qui donnera son nom au programme, les équipes ont dû déconstruire près de 6 000 m² de planchers tout en préservant la stabilité de l’ensemble. «Le principal défi a été de déconstruire une partie du bâtiment pour créer un atrium central sans mettre en péril la structure. Ce sont des travaux extrêmement spécifiques qui nécessitent des entreprises spécialisées», souligne Gilles Badet. 

La reconstruction doit débuter en octobre avec une surélévation de l’immeuble d’un étage supplémentaire. À l’horizon du second semestre 2028, Patio Blanchard proposera 33 logements du T2 au grand appartement familial de 150 m². Les appartements affichent des prix inférieurs à 3 000 euros le mètre carré, à partir de 129 000 euros, quand le prix moyen du logement neuf en France atteint 5 034 euros le mètre carré. «Nous travaillons sur une niche : celle de la résidence principale de qualité. Nos appartements sont systématiquement plus grands que les normes du marché, avec terrasses, garages et possibilités de personnalisation», affirme le dirigeant. 

Le promoteur estime répondre à un déficit d’offre identifié sur l’ensemble du bassin Creusot-Montceau. Situé à quelques minutes de la gare, des commerces et du centre-ville, Patio Blanchard entend ainsi conjuguer mémoire industrielle et nouveaux usages résidentiels.