Dossier

Plus de six millions d'euros investis par Haropa pour renforcer la collecte des déchets des navires

Haropa engage un dispositif de 6,6 millions d’euros pour renforcer la collecte des déchets issus des navires sur l’axe Seine, via un mécanisme de subvention et de réinvestissement des redevances portuaires. 

Haropa mobilise 6,6 millions d’euros pour améliorer la collecte des déchets de navires sur l’axe Seine, via un dispositif fondé sur le réinvestissement des redevances portuaires ©HAROPA PORT / Jean-François Damois.

Haropa mobilise 6,6 millions d’euros pour améliorer la collecte des déchets de navires sur l’axe Seine, via un dispositif fondé sur le réinvestissement des redevances portuaires ©HAROPA PORT / Jean-François Damois.

Le 1er avril 2026, Haropa a conclu une convention avec deux opérateurs, SLOP Normandie et NORMANDY VESSEL SERVICES, dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt lancé pour améliorer la collecte des déchets d’exploitation et des résidus de cargaison des navires dans les ports de Rouen, du Havre et du Havre-Antifer.

Le dispositif vise à renforcer des capacités de traitement encore jugées partielles selon les zones d’escale. Les déchets collectés, liquides et solides, sont orientés vers des filières de valorisation incluant recyclage et incinération, dans un cadre réglementaire renforcé lié aux obligations environnementales du transport maritime.

Financement portuaire et structuration d’une filière environnementale maritime

Le dispositif mis en place sur l’axe Seine repose sur un mécanisme de réallocation des ressources issues des redevances déchets acquittées par les navires ne déposant pas leurs résidus dans les ports, permettant de réinvestir ces recettes dans le développement des infrastructures de collecte et de traitement.

Haropa assure un cofinancement à hauteur de 50% des dépenses éligibles, représentant un montant global de 6,6 millions d’euros, dans un cadre associant financement public et logique d’incitation économique, en réponse aux exigences croissantes de conformité environnementale et d’efficacité logistique dans les ports européens. Ce modèle a des effets directs sur la filière maritime, en mobilisant les armateurs, les prestataires portuaires et les opérateurs de traitement des déchets, tout en structurant une activité économique spécialisée autour de la gestion des flux maritimes. Il génère également des besoins en compétences dans les métiers de la collecte, du traitement et de la logistique environnementale, contribuant à l’évolution des écosystèmes industriels portuaires et à leur intégration progressive des normes environnementales, avec des effets induits sur l’organisation de l’emploi et l’attractivité des plateformes portuaires de l’axe Seine.

La transition environnementale comme levier d’investissement portuaire en Europe

Le dispositif déployé sur l’axe Seine illustre une évolution structurelle des politiques portuaires en Europe, où les investissements environnementaux deviennent un composant intégré des stratégies d’infrastructures logistiques. Ce type de financement, adossé aux redevances d’usage et à des partenariats publics-privés, se développe dans plusieurs grands ports européens confrontés aux mêmes obligations réglementaires.

Au niveau national, cette évolution se traduit par une transformation progressive des modes de financement des ports, combinant redevances spécifiques, mécanismes de redistribution et cofinancement public, dans un contexte de montée en puissance des normes environnementales et de standardisation réglementaire à l’échelle de l’Union européenne. Elle reflète également une reconfiguration des arbitrages publics en matière d’infrastructures logistiques, où les investissements liés à la transition écologique s’intègrent désormais aux politiques de modernisation des chaînes portuaires et à la sécurisation des flux commerciaux internationaux.