Ce 17 juin , en conférence de presse, consacrée à «la conjoncture et à la politique du logement», le président de la Fnaim, Loïc Cantin, alerte : «ce n'est plus une crise de l'immobilier mais une crise du logement (..) qui touche les ménages les modestes et les jeunes». L'évolution de la population des emprunteurs en témoigne. Parmi eux, la part de ceux disposant d'un revenu annuel de 50 à 100 000 euros a augmenté, passant de 36,4% à 40,4% entre 2021 et 2026. A contrario, la part de ceux dont le revenu annuel se situe entre 30 et 50 000 euros a diminué de 29 à 23,9%. Même tendance pour ceux dont le revenu est inférieur à 30 000 euros (de 14,5% à 10,9%). Il s'agit d'une «paupérisation» de la classe moyenne, pointe Loïc Cantin. Dans le même sens, en dix ans, la France est passée de 57,8 à 57% de propriétaires de leur logement. «Cela représente 240 000 logements qu'il faut offrir en location», signale-t-il , rappelant «l'attrition» du marché de la location . Face à ce constat, le président de la Fnaim rappelle les errements de la politique publique du logement : une «longue instabilité politique qui empêche toute stratégie durable », les « cinq ministres du logement en trois ans».
Aujourd'hui, avec le gouvernement de Sébastien Lecornu, «nous ne pouvons que saluer la mise en place du plan de relance pour le logement, ambitieux», déclare Loïc Cantin. Le projet de loi qui sera présenté ce 24 juin en Conseil des ministres contient plusieurs mesures qui vont dans le sens de la Fnaim. Parmi elles, un élargissement du dispositif fiscal Jeanbrun en faveur de l'investissement locatif de longue durée concernant l'ancien, avec notamment, son extension aux maisons individuelles. Le calendrier d'interdiction de location des logements selon leur DPE, diagnostic de performance énergétique, a été assoupli.
Reste que si Loïc Cantin compte sur une discussion au Parlement «en septembre ou octobre», l’examen du texte n'est pas pour l'instant inscrit à l'ordre du jour parlementaire de l'automne, déjà dense.
Un livre blanc prévu
Par ailleurs, les sujets de doléances restent nombreux, à commencer par la poursuite de la politique d'encadrement des loyers, «un non sens», dénonce Loïc Cantin. Parmi les autres sujets problématiques figurent les contraintes fixées par le HCSF, Haut comité de stabilité financière, aux banques en matière de crédits. «on se demande pourquoi ces règles existent encore quand nous ne sommes pas en présence d'un marché en surchauffe», insiste Loïc Cantin.
Pour le président de la Fnaim, «nul doute que le logement va prendre toute sa place dans le débat public» à l'occasion de l’élection présidentielle de 2027. La Fnaim s'y prépare avec un livre blanc qui proposera une vision à cinq ans, thème du prochain congrès. Avec des propositions «avant-gardistes». «Il faut changer de modèle ; nous allons dans le mur (…) après la crise du logement, il y a la crise sociale», prévient Loïc Cantin.