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Travailler autrement

Recrutement : les candidatures affluent, la confiance s’effrite

Offres floues, candidatures mal ciblées, absence de réponse : l’enquête Hellowork révèle les incompréhensions entre candidats et recruteurs. Pour les entreprises, la transparence devient un levier à chaque étape du recrutement, jusque dans l’usage de l’IA.

© Moritz / Adobe Stock (Illustration générée par IA).

© Moritz / Adobe Stock (Illustration générée par IA).

Recevoir davantage de CV ne garantit pas de trouver la bonne personne. Selon le baromètre Hellowork*, le nombre de candidatures par offre a augmenté de 18% en un an. Pourtant, dans la dernière enquête déclarative du groupe, 71,9% des recruteurs estiment que moins d’un quart des candidatures reçues correspondent à leurs besoins. La moitié considère même que leur volume nuit à la qualité du recrutement. Cette abondance n’empêche pas le manque de profils adaptés : la pénurie des compétences recherchées constitue le premier défi de 53,8% des recruteurs, contre 39% en 2025. Les candidats rencontrent eux aussi des difficultés : 88,3% jugent plus difficile de trouver un emploi qu’il y a deux ans. Pourtant, 68,9% des recruteurs prévoient des embauches stables ou en hausse en 2026. L’enquête révèle un décalage : les entreprises cherchent des profils mieux ciblés ; les candidats attendent des offres plus fiables.

Des annonces qui permettent de se projeter

Les difficultés commencent avant même l’envoi du CV. Des exigences jugées irréalistes ont déjà conduit 53,9% des candidats à renoncer à postuler ; une description trop floue, 46,9%. Et 61,7% ont déjà constaté un décalage entre une annonce et la réalité du poste. Préciser les missions, les compétences indispensables et les contraintes permet au candidat d’évaluer l’adéquation avec son profil.

Pour attirer des candidatures pertinentes, les entreprises doivent aussi revoir la façon dont elles rédigent leurs annonces. Accumuler les critères sans distinguer les prérequis des compétences souhaitables risque de décourager des candidats capables d’occuper le poste. Laure Baumann, VP Product chez Hellowork, recommande de «hiérarchiser clairement ce qui est essentiel de ce qui relève du bonus dans l’offre». Autres leviers : faire relire l’annonce par le futur manager et décrire le quotidien du poste, plutôt que dresser une simple liste de compétences. Le salaire participe de cette clarification. Son absence rend 40,9% des candidats moins susceptibles de postuler et conduit 7,4% à ne jamais le faire. Les pratiques progressent : 75,4% des recruteurs déclarent désormais l’afficher systématiquement. Parmi ces derniers, 81,1% estiment que cela facilite le recrutement.

Répondre, même pour dire non

La transparence se joue aussi après la candidature. Alors que 93% des recruteurs affirment envoyer systématiquement un message en cas de refus, 66,2% des candidats déclarent ne recevoir alors aucune réponse, contre 50% en 2025. 53% souhaitent une réponse explicite, personnalisée ou non. «Une réponse négative vaut toujours mieux que pas de réponse du tout», insiste Loïc Le Terrien, directeur exécutif Emploi du groupe Hellowork. Ce décalage pèse sur la relation : le silence suscite de la frustration chez 58% des candidats et une baisse de confiance envers les recruteurs chez 49,2%.

L’IA, un usage à expliquer

L’intelligence artificielle nourrit aussi la méfiance. Si 93,1% des recruteurs et 61,1% des candidats déclarent l’utiliser, chacun s’inquiète de l’usage qu’en fait l’autre. Ainsi, 61,8% des candidats doutent qu’un humain lise leur candidature, alors que seuls 8,5% des recruteurs disent recourir à l’IA pour le pré-tri. Leur principal usage reste la rédaction des offres. «Il faut une transparence totale, mais bien formulée : dire clairement où l’IA intervient, et où elle n’intervient pas», estime Loïc Le Terrien. Pour les entreprises, le temps gagné pourrait aussi servir à renouer le dialogue : 29,8% des recruteurs citent déjà, parmi les bénéfices de l’IA, davantage de temps à consacrer à la relation humaine avec les candidats.

*17e enquête Hellowork, menée en ligne auprès de 2 532 candidats et 695 recruteurs du 2 juin au 17 juillet 2026.