Dans son analyse, Frédéric Jurie revient sur le classement établi par Abilene Academy et souligne plusieurs limites méthodologiques, notamment l’absence d’accès au rapport complet et aux pondérations sectorielles. En s’appuyant sur les données d’emploi de l’Insee et sur l’indice d’exposition professionnelle de l’OCDE, il estime l’exposition à 85/100 pour Rouen et 84,3/100 pour Caen. Selon son étude, les deux agglomérations présentent bien une exposition importante, liée notamment au poids des activités administratives, du commerce et de l’industrie, mais les écarts avec les autres grandes métropoles françaises apparaissent beaucoup plus réduits que dans le classement initial. L’analyse rappelle surtout qu’une forte exposition ne signifie pas automatiquement disparition des postes : l’IA peut transformer les tâches et les compétences nécessaires, avec des conséquences différentes selon les métiers et les secteurs.
L’IA transforme progressivement les emplois français
À l’échelle nationale, la diffusion de l’intelligence artificielle s’accélère dans les entreprises. Selon l’Insee, 10% des entreprises françaises de 10 salariés ou plus utilisaient au moins une technologie d’IA en 2024, contre 6% un an auparavant. L’adoption est particulièrement élevée dans l’information et la communication, où elle atteignait 42%, ainsi que dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques, à 17%. L’enjeu porte donc autant sur l’évolution des tâches et des compétences que sur le volume d’emplois. Dans sa note de conjoncture de mars 2026, l’Insee relève notamment que les ajustements observés dans les secteurs informatiques semblent davantage concerner les jeunes entrants sur le marché du travail.