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Rouen : l’association d’industriels Upside sensibilise à la culture du risque

L’association d’industriels Upside organisait, le 14 octobre, une visite de la zone industrialo-portuaire rouennaise depuis la Seine. L’occasion pour les participants de mieux connaître cet environnement industriel et les mesures mises en place pour prévenir les risques.

«Le bassin industriel est au cœur du risque. Il est important de savoir de quoi on parle.» Nouvellement élue à la Métropole, Karine Boucher-Müller est venue se familiariser avec les enjeux de sécurité industrielle. À bord de L’Escapade, elle a rejoint une soixantaine de participants - élus, professionnels ou étudiants - invités par l’association d’industriels Upside à visiter la zone industrialo-portuaire par la Seine.

Organisée dans le cadre des Journées de la culture du risque, cette visite réunissait également des représentants de TotalEnergies Lubrifiants, Saipol, LAT Nitrogen et Lubrizol. Objectif : expliquer le fonctionnement de ces installations industrielles, mais aussi présenter les mesures mises en place pour faire face aux risques d’explosions, d’incendie ou d’émissions de gaz toxiques. Sept ans après l’incendie de Lubrizol, la question de la sécurité reste centrale sur cet axe industriel, où plusieurs sites sont classés Seveso seuil haut.

Réchauffement climatique, cybersécurité : des risques qui évoluent

«On peut parler de l’incendie, ce n’est pas un tabou», assure Emmanuelle Donnet, la responsable de la communication de Lubrizol. Depuis 2019, l’entreprise affirme avoir réduit de 80% le stockage des fûts sur son site. «Un incendie comme celui de 2019 ne pourrait pas avoir lieu aujourd’hui», avance-t-elle. Depuis la catastrophe, plusieurs entreprises ont mutualisé certains moyens de sécurité, notamment grâce à la Pomperie en seine, qui permet de garantir la ressource en eau en cas de sinistre majeur.

Autre sujet de préoccupation : le réchauffement climatique. «Avec les températures que nous connaissons maintenant en été, ces cuves d'ammoniac, ce n’est pas dangereux ?», interroge une passagère. Face à la hausse des températures, la montée des eaux et la hausse de la salinité du fleuve, qui peut endommager les installations, Haropa Port et les industriels mènent actuellement des études de vulnérabilité ciblées sur l’axe Seine. «Des systèmes de secours et des procédures spécifiques sont prévus pour réfrigérer et maintenir la sécurité des bacs même en cas de panne électrique ou de canicule extrême», répond LAT Nitrogen. La cybersécurité constitue également un enjeu croissant pour ces sites, qui renforcent l’acculturation de leurs équipes.

Des outils de surveillance citoyenne

Upside a enfin rappelé ses outils d'information et de surveillance citoyenne : Allo Industrie, la plateforme Signal (Atmo Normandie) et le Réseau des nez. «Des fiches d’information sont disponibles sur les dangers associés sur le site de la Préfecture dans le cadre du Plan Particulier d’Intervention (PPI), insiste Élise Laperdrix, la déléguée générale d’Upside, qui réunit 25 entreprises. C’est là que vous trouverez notamment les consignes de sécurité pour chaque type d’événement.»

Pour les élus comme pour les entreprises, aborder les risques reste délicat. La Métropole travaille actuellement à de nouvelles actions pour associer davantage les citoyens à cette démarche, indique Karine Boucher-Müller.