Portrait

Saint-Quentin : L'art et la manière d'un menuisier-ébéniste

Tristan Michel s'est lancé à son compte comme menuisier-ébéniste il y a six mois à Saint-Quentin. Le jeune homme de 27 ans déploie sa technique en partageant l'atelier de l'ébéniste Jean-Michel Moreau et affirme son art et son style. 

C'est un métier passion qui lui est tombé dessus il y a quelques années. Tristan Michel a tout d'abord eu du mal à trouver sa voie. À l'aise dans les mathématiques, il poursuit en licence après un bac S. «Je n'avais pas vraiment idée de ce que j'allais faire mais j'aimais les maths puis j'ai tenté de faire un Master MEEF (Métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation) à Laon pour peut-être devenir enseignant mais je n'ai pas poursuivi, raconte-t-il. C'était au moment du covid, ça n'était pas évident et puis de fil en aiguille, comme je suis quelqu'un d'assez bricoleur, je me suis tourné vers la menuiserie».

Installé au sein d'un collectif d'artisans d'art

Plutôt que de se former en ébénisterie, il opte pour un CAP menuiserie au CFA BTP de Laon, attiré par la possibilité de s'y former en un an et en alternance. «Je voulais faire une partie de ma formation en entreprise et puis l'enseignant à Laon était très bien, c'était un ancien ébéniste, il s'est adapté à la façon dont je voulais faire le métier, c'est-à-dire de façon artisanale», explique Tristan Michel. Cela lui confirme que la menuiserie est un domaine qui lui plaît et qu'il préférerait travailler à son compte. «Quand s'est posée la question de m'installer, je me suis rappelé de Sqart, ce collectif d'artisans d'art créé par l'ébéniste Jean-Michel Moreau, j'y avais exposé quelques années auparavant des créations lors d'un événement, précise-t-il. C'était une opportunité à saisir que de partager l'atelier avec Jean-Michel, de pouvoir travailler aussi sur ses machines, d'échanger et de ne pas être seul chez moi dans un cabanon de jardin».

Ici, Tristan Michel apprécie l'ambiance et profite de la notoriété naissante du lieu pour présenter son travail comme prochainement lors des Jema (Journées européennes des métiers d'art) où l'atelier sera ouvert au public. «J'aime vraiment ce métier, j'aime beaucoup le fait de travailler le plus possible de façon traditionnelle, en faisant le plus possible d'opérations à la main, c'est comme ça que je fais un travail de qualité, dit-il. Ce qui me manque, c'est de me faire connaître davantage mais c'est normal, je viens de débuter».

Création et restauration

Tristan Michel apprécie tout autant de créer des meubles de A à Z que de réaliser des restaurations. «Réaliser un meuble comme une commode peut prendre jusqu'à deux semaines donc il faut vraiment être patient et minutieux et puis la restauration, c'est quelque chose que j'apprécie aussi, on touche à des meubles qui ont parfois une forte valeur sentimentale, développe-t-il. J'apprécie beaucoup le style américain Shaker parce que c'est une façon simple et épurée de travailler des meubles».

En attendant de mieux faire connaître son travail, Tristan Michel souhaiterait mettre en place des ateliers pour apprendre aux gens à fabriquer des meubles à la main, afin de «montrer aux gens que c'est possible» de faire par soi-même. «C'est quelque chose que j'aimerais partager et transmettre, comment on part d'un plateau brut et on peut arriver à un meuble très pratique», dit-il.