Décryptage

Santé-nutrition : la filière se maintient malgré les crises

Inauguré il y a moins d'un an, le HUB Eurasanté remplit déjà ses objectifs : le bâtiment d'incubation des start-up est aujourd'hui plein à plus de 80%. Mais face à la conjoncture, les critères de sélection des projets sont plus drastiques.

Le parc Eurasanté se porte toujours bien avec ses 210 entreprises pour 3 850 collaborateurs. La dynamique est toujours là mais la filière santé-nutrition souffre elle aussi d'une difficulté d'accès aux financements. Etienne Vervaecke, directeur du GIE, confirme – après avoir déjà tiré la sonnette d'alarme il y a quelques mois – : «Depuis un an et demi nous mettons davantage de temps à nous mobiliser sur le maintien de l'emploi. Il faut soutenir, accompagner et consolider les entreprises existantes. Aujourd'hui, on constate une sinistralité dans les entreprises du secteur de l'ordre de 15 à 20%. Le rôle de médiation d'Eurasanté est encore plus capital.» La filière santé-nutrition régionale continue d'être dynamique avec 31 500 emplois. Par contre, Eurasanté réduit la voilure : de 160 projets incubés précédemment, la cohorte est descendue à 110 cette année. Un choix contraint mais «salutaire et indispensable» selon Etienne Vervaecke, qui estime que cela ne sera pas remis en cause durant «deux à trois ans».

Millésime remarquable en recherche

En cause, l'accès aux financements en berne avec des moyens divisés par deux pour l'amorçage. Malgré cela, les réussites sont là : Ensweet, qui a levé 2,7 millions d'euros en février 2026, 2,5 millions d'euros pour Axomove, 1,2 million pour WheelMove, 1 million pour Eppur... Parmi les autres belles réussites régionales, on peut aussi citer l'excellence de la recherche régionale à l'Appel à projets générique de l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) : 29 projets des Hauts-de-France ont été soutenus et financés, dont 21 dans le champ biologie-santé et 8 dans les sciences de l'ingénierie et le numérique. «Nous n'avons jamais eu des scores de cette nature» se félicite Etienne Vervaecke.

Parmi ces projets : Bridge (Université de Lille) qui étudie de nouvelles perspectives thérapeutiques dans le traitement des maladies métaboliques, AD-AP (Institut Pasteur de Lille) qui explore les mécanismes impliqués dans la maladie d'Alzheimer ou encore ImSynPark (Lille Neuroscience & Cognition) pour développer un nouveau biomarqueur de la maladie de Parkinson grâce à l'IRM. 

Rapprocher la recherche du territoire

«Il nous faut aussi faire comprendre aux chercheurs l'importance de s'associer à d'autres profils pour développer des entreprises». C'est par exemple le cas du Dr Oleg Melnyk, déjà à l'origine d'InnoBioChips et d'XProChem et dont l'équipe travaille actuellement sur une solution biochimique de production de peptides. Ce projet a reçu un financement de 50 000€ dans le cadre du dispositif régional Start-AIRR.