Groupe à l’actionnariat entièrement familial, Sofrigam est implanté à Monchy-le-Preux, près d’Arras, sous la direction de Gilles Labranque, qui a racheté l’entreprise dans laquelle il était arrivé en tant que chef de projets dans les années 90, née en 1979 d’un besoin de terrain : un pharmacien confronté à des pertes de médicaments dues à une rupture de la chaîne du froid, conçoit les premières solutions isothermes dédiées aux produits sensibles, pour protéger ses clients. Gilles Labranque codirige aujourd’hui le groupe avec sa fille Laurence autour d’un projet ambitieux : faire de cette PME industrielle et familiale, 34 un acteur majeur de la thermodynamie qui innove pour transformer son modèle. Toutes les activités de l’entreprise de 100 salariés – dont 55 à Monchy-le Preux – convergent vers un savoir-faire : la thermodynamie (la science et la gestion de la température). Depuis sa création, Sofrigam a été pionnière de l’emballage isotherme, pour les acteurs de la santé (principalement les industries pharmaceutiques), de la logistique et de l’industrie, avec des produits comme des caisses d’expédition, des accumulateurs de froid, des sacoches, des caisses palettes... Il y a encore quatre ans, l’entreprise n’avait qu’un seul métier : être le partenaire du froid pour l’industrie pharmaceutique, par exemple l’acheminement de médicaments à travers le monde, essentiellement par avion. Le groupe installe au Texas une unité de production en 2013, avec une quinzaine de salariés. Aujourd’hui, 85% du chiffre d’affaires est réalisé à l’export, principalement en Belgique, en Allemagne, en Italie, en Espagne... Depuis l’an dernier, Sofrigam a ouvert des filiales en Allemagne et en Inde.
Haute technicité
Avec sa haute technicité et pour se diversifier d’un marché essentiellement dominé par d’importants acteurs américains, Sofrigam a voulu se diversifier et se transformer en s’ouvrant à de nouveaux métiers. «Nous nous positionnons sur la livraison urbaine, comme une alternative aux compresseurs, en proposant un froid naturel, autonome, qui ne nécessite pas de recours à une batterie» explique Nathalie Leroux, en charge de la direction marketing. La technologie «Coldway», née sur les paillasses d’un laboratoire de Perpignan, est aujourd’hui une vraie différenciation pour la PME régionale puisqu’elle est adaptée aux vélos cargo et petits véhicules électriques : «Deux chercheurs ont imaginé cette technologie en 2000 mais le marché n’était pas assez mature. Aujourd’hui il l’est, notamment grâce à la mobilité urbaine. Ces technologies permettent de faire un froid autonome, sans fluide frigorigène polluant et complètement décarboné, grâce à un mélange d’ingrédients naturels composé d’amoniac, de sel et de graphite qui interagissent entre eux».
Croissance externe
Autrement dit, le froid produit par ce mélange ne nécessite aucune intervention électrique et surtout, il répond aux exigences de la mobilité urbaine : jusqu’à 40 ouvertures/fermetures de portes lors des livraisons qui ne doivent pas conduire à une rupture de la chaîne du froid. Baptisée «ViKtor», cette solution de froid embarqué, 100% autonome, s’intègre dans le châssis du véhicule (pour l’instant, la PME régionale s’est associée au aux constructeurs Ford Pro et Kleuster) – une technologie récompensée au CES de Las Vegas et qui répond aussi aux exigences réglementaires tout en étant une alternative aux compresseurs, très énergivores. Pour développer cette technologie sur l’ensemble de la chaîne, Sofrigam a racheté en 2022, un ancien sous traitant, le carrossier frigorifique Mirofret France près de Perpignan, qui intègre ainsi ViKtor dans les véhicules utilitaires. Mais c’est bien depuis Monchy-le-Preux, dans le laboratoire de métrologie, qu’est testée la technologie à travers des chambres spécifiques qui exposent le produit à des températures variables. Si Sofrigram se positionne sur le froid, elle n’écarte pas non plus la gestion du chaud. «Un process chimique, avec du sorbium, permet de faire du stockage d’énergie et une restitution en froid mais aussi en chaud. C’est tout l’enjeu de notre dernière business Unit, Sofrigam Energies, qui nous ouvre vers les acteurs de l’industrie, avec des offres de pompe à chaleur. Aujourd’hui, notre stratégie de marque, est de devenir des ‘experts en température’. Il faut grandir dans nos ambitions» poursuit Nathalie Leroux.
En chiffres
23 millions d'euros de chiffre d'affaires
85% à l'export
5 sites dans le monde