Une page se tourne pour la tech normande. La start-up rouennaise Robocath, reconnue pour ses innovations en cardiologie interventionnelle, a conclu un accord définitif en vue de son rachat par l'américain Stereotaxis, leader de la robotique chirurgicale mini-invasive. La transaction prévoit un versement initial de 20 millions de dollars, complété par 25 millions de dollars de paiements conditionnels liés à de futures étapes réglementaires. À l'issue de l'opération, l'entreprise rouennaise deviendra une filiale à 100 % du groupe américain, tout en conservant son ancrage local.
Une synergie technologique à forte valeur ajoutée
Ce rapprochement donne naissance à un acteur médical unique. Fondée en 2009 par le Dr Philippe Bencteux, Robocath a développé le système R-One+™. Cette solution bionique ouverte affiche un taux de réussite technique supérieur à 98 % en Europe et en Chine. Pour David Fischel, PDG de Stereotaxis, cette transaction «renforce notre leadership technologique, génère d’importantes synergies commerciales [et] ouvre de nouvelles perspectives de croissance». En associant la précision mécanique rouennaise à la navigation magnétique américaine, les deux entités créent une plateforme robotique totalement intégrée. L'objectif est d'accélérer le développement de la prochaine génération de robots capables de manipuler simultanément cinq dispositifs médicaux pour décrocher les autorisations américaines et européennes d'ici deux ans.
Cap vers la rentabilité et le soin à distance
Sur le plan financier, cette opération ouvre les portes d’un marché mondial de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Robocath devrait générer environ 2 millions de dollars de chiffre d'affaires la première année, avec une prévision de rentabilité dès la troisième année. Au-delà des chiffres, cette alliance vise à concrétiser l'accès égal aux soins lors des urgences vasculaires grâce aux interventions à distance. « Rejoindre Stereotaxis nous apporte l'envergure, les technologies complémentaires et l'alignement stratégique nécessaires pour accélérer notre développement », se félicite le Dr Philippe Bencteux.