Portrait
Tourisme

Sur les routes meusiennes de la Renaissance

À l’approche du printemps, pourquoi ne pas partir à la rencontre d’une dizaine d’œuvres disséminées dans les églises de six communes meusiennes, toutes créées par le célèbre sculpteur de la Renaissance, Ligier Richier ? Avec cette pérégrination, le département de la Meuse allie culture, patrimoine et tourisme pour un voyage au cœur du sacré.

Une manière de mettre en mouvement ces personnages avec des drapés, une forte expression des visages toujours tourmentés aux sourcils foncés, pupilles marquées et bouches ouvertes : autant d’éléments stylistiques qui rassemblent toutes les sculptures de Ligier Richier qu’elles soient réalisées en bois, en terre cuite ou en pierre calcaire. Méconnu sur le plan national, cet artiste meusien mécéné au 16e siècle par les Ducs de Lorraine, dont le génie créatif lui a valu d’être comparé à Michel-Ange, n’en demeure pas moins une référence avec des œuvres remarquables exposées au grand public. Pour favoriser leur mise en lumière, une route dédiée a été imaginée, il y a une trentaine d’années, permettant au voyageur de contempler, au fil des kilomètres, et de leurs périples, les paysages de la ruralité, le patrimoine remarquable et les spécificités des villages environnants. En Meuse, six étapes ont été pensées et abritent ses sculptures, au cœur même des églises de Bar-le-Duc, Génicourt-sur-Meuse, Saint-Mihiel et Hattonchâtel pour le sud du département mais également à Clermont-en-Argonne et Étain pour le nord. L’occasion aussi d’approcher au plus près des pépites méconnues de la Renaissance lorraine où le sacré prédomine avec des scènes majoritairement religieuses.


Des œuvres magistrales pour une Meuse intimiste


La plus connue, Le Transi, représentant le squelette monumental de René de Chalon, débout la tête dirigée vers le ciel, le bras gauche levé, attire les visiteurs dans l’église Saint-Étienne de Bar-le-Duc où une seconde œuvre — Le Crucifié entre les deux larrons — constituée de trois statues en bois polychrome laisse transparaître une grande variété d’attitudes et d’expressions renforcées par une justesse anatomique. D’autres pépites, moins connues mais tout aussi remarquables avec la statue de la Vierge et son souci du détail à Génicourt-sur-Meuse, La Pietà à Étain ou encore l’imposant Retable de la Passion du Christ à Hattonchâtel sont à contempler, sans modération. Mais c’est bien à Saint-Mihiel, lieu de naissance de l’artiste, que son œuvre la plus monumentale et la plus aboutie se dévoile autour du Sépulcre ou d’une Mise au tombeau qui laisse apparaître, plus que grandeur nature, douze personnages qui semblent s’animer devant les yeux du visiteur. Dernière arrivée à la suite d’un legs privé, il y a une dizaine d’années, la Sainte-Élisabeth, œuvre de plus petite taille, est désormais exposée au Musée d’art sacré de Saint-Mihiel. Avec cette route culturelle, le voyageur averti ou néophyte, peut choisir l’ordre de ses étapes, le sens de son itinéraire pour entrer dans l’intimité d’une Meuse qui dévoile ses trésors encore trop souvent méconnus, loin des champs de bataille et des éléments mémoriels ultramédiatisés. Une parenthèse nature et culture qui ne s’oublie pas.


Le sacré prédomine avec des scènes majoritairement religieuses

De la Meurthe-et-Moselle à Paris

Si dix sculptures de Ligier Richier sont visibles et accessibles en Meuse, d’autres sont recensées à Nancy, à l’église des Cordeliers, quand une étape à Briey peut se prévoir au sein de l’église Saint-Gengoult pour admirer Le Calvaire. Deux autres œuvres de l’artiste ont également trouvé refuge au musée du Louvre à Paris avec La Tête du Christ ainsi qu’un enfant Jésus. Preuve s’il y en est que l’œuvre du sculpteur meusien rayonne hors de son département d’origine.