Dossier

Transition énergétique : les collectivités appelées à passer de l'ambition à l'action

Réunis à Dijon du 22 au 25 juin à l'occasion des Assises européennes de la transition énergétique, élus et experts ont rappelé que les solutions techniques pour décarboner les territoires existent déjà. Le défi est désormais de les déployer dans un contexte budgétaire contraint et de maintenir l'adhésion des citoyens.

Le quartier de la Fontaine d'Ouche à Dijon, premier quartier à énergie positive de France.

Le quartier de la Fontaine d'Ouche à Dijon, premier quartier à énergie positive de France.

Comment accélérer la transition énergétique alors que les finances locales se tendent et que les politiques climatiques suscitent parfois incompréhension ou rejet ? C'est autour de cette question que se sont retrouvés plus de 3 500 participants lors des Assises européennes de la transition énergétique organisées à Dijon. Pour François Rebsamen, président de Dijon Métropole, les collectivités restent les mieux placées pour agir. « Les solutions se construisent dans les territoires, au plus près des habitants », a-t-il souligné lors de la clôture de l'événement. Réseaux de chaleur, rénovation énergétique des bâtiments, développement des énergies renouvelables ou encore mobilité décarbonée : les leviers sont identifiés. Reste à trouver les moyens de les généraliser.

Fontaine d'Ouche, vitrine de la transition locale

À Dijon, le quartier de Fontaine d'Ouche illustre concrètement cette dynamique. Dans le cadre du programme européen RESPONSE, la collectivité a développé le premier quartier à énergie positive de France. Plus de 4 500 panneaux photovoltaïques ont été installés sur des logements sociaux et des équipements publics, associés à des systèmes de stockage d'électricité et à une gestion intelligente des consommations. Résultat : deux îlots du quartier produisent désormais davantage d'énergie qu'ils n'en consomment, tandis que les émissions de CO₂ ont été réduites de 75 %. Le projet bénéficie à plus de 1 000 habitants et permet également de diminuer les factures énergétiques. Une démonstration grandeur nature de ce que peut produire l'action locale lorsque les financements et les partenariats sont au rendez-vous.

L'inquiétude sur les moyens d'accompagnement

Plusieurs élus ont toutefois alerté sur les risques d'un affaiblissement des dispositifs de soutien. Vice-présidente de l'Eurométropole de Strasbourg en charge de la transition écologique, Chantal Cutajar a rappelé le rôle déterminant de l'Ademe dans le développement des réseaux de chaleur. « À Strasbourg, ce sont 82 millions d'euros qui ont été mobilisés grâce à l'Ademe », a-t-elle indiqué, estimant que l'agence apporte autant une expertise technique qu'un soutien financier indispensable. Au-delà de la question budgétaire, les intervenants ont également insisté sur la nécessité de renforcer l'adhésion citoyenne. « Nous devons redonner envie du futur », a résumé le sociologue Jean Viard. Pour les collectivités, la réussite de la transition passera autant par les innovations techniques que par leur capacité à démontrer leurs bénéfices concrets pour les habitants.