Propriété du Parc naturel régional Oise – Pays de France, le marais d'Avilly - entre Senlis et Chantilly - est une zone humide remarquable dont son rôle naturel de réservoir d’eau lui vaut d'être une éponge naturelle en cas de crue et de filtrage de l’eau mais aussi d'être un réserve naturelle d'espèces protégées. Marqué par un passé industriel et agricole qui durant le XXe siècle a accueilli des activités de blanchisserie et de culture du cresson, le marais d'Avilly a vu ses écoulements d’eau modifié et un milieu davantage artificialisé.
Aujourd’hui, l’eau s’évacue trop vite, le marais s’assèche plus souvent et joue moins bien son rôle naturel de réservoir d’eau. Pour inverser cette tendance, le Syndicat interdépartemental du SAGE de la Nonette (SISN) porte un projet de restauration de ce milieu naturel, avec l’appui du Conservatoire d’espaces naturels des Hauts‑de‑France. Les objectifs ? Redonner son rôle d’éponge au marais, restaurer les milieux humides et la biodiversité et mieux gérer l’eau face au changement climatique. Au total, toutes parcelles confondues, ce sont 15 hectares de zones humides qui seront reconnectées à l’issue du projet, prévu durant l'automne.
Restituer le marais d'origine
Démarrés à l'été 2026, les travaux de restauration ont pour objectif le reméandrage de la Nonette (c'est-à-dire restituer au cours d'eau son profil d'origine et ses fonctions hydrologiques et hydrobiologiques) et du ru du fossé du Prince afin de renforcer le caractère humide de ce milieu et de le rendre plus attractif pour la faune. Car le fossé du Prince présente, entre autres, un fort envasement et une absence de diversité d’écoulements. Ce projet concerne aussi la création de cinq mares et dépressions humides ainsi que la restauration des sources de la Fontaine Rondeau.
Résilience de l'écosystème
Les aménagements prévus s’inscrivent, ainsi, dans une logique de restauration hydromorphologique, essentielle pour la résilience des écosystèmes. Le marais compte de nombreuses espèces protégées, telle la grenouille rousse, le crapaud commun et l’ophioglosse vulgaire (plante) et accueille l’agrion de Mercure, protégé à l’échelle européenne.
Ce projet de réhabilitation entend impacter durablement l'écosystème. Lauréat de l'appel à projets MAIF, il bénéficie d’un cofinancement du Fonds MAIF pour le vivant et intègre le programme de restauration de la biodiversité du partenaire, le Fonds Nature 2050. Ainsi, les experts suivront les impacts des solutions mises en œuvre ici jusqu’en 2050 aux côtés du Parc naturel régional. Le "Fonds MAIF pour le vivant" participe par ailleurs à hauteur de 195 500 euros pour ce projet, dont le total s'élève à 892 300 euros.