Résilient, c’est le terme privilégié par les experts pour définir l’accès au financement des entreprises françaises dans un contexte de turbulences inédites. Face à une croissance annuelle de l’encours des crédits aux entreprises en France qui affiche une augmentation 2,5% en février (à 1,403 Mds€), la progression des crédits d’investissement reste soutenue tandis que la contraction des crédits de trésorerie se poursuit, même si la situation demeure «contrastée», selon les secteurs d’activité. Si elle reste positive pour les conseils et services aux entreprises, l’immobilier, le transport et entreposage et l’agriculture, ce n’est pas le cas pour l’industrie, le commerce, la construction ou encore l’hébergement et la restauration qui sont confrontés à une baisse.
À l’heure où le climat est propice aux incertitudes, l’édition 2026 de l’observatoire Blue Omingmak vient de révéler la radiographie des levées de fonds des start-ups du Grand Est. Contrairement aux prévisions pessimistes qui misaient sur des investisseurs prudents et des conditions qui se durcissent, les chiffres mettent en lumière une autre réalité, presque surprenante, avec 295 millions d’euros levés en 2025, contre 154 millions en 2024. Une bonne nouvelle inattendue. Reste à savoir si cette bulle d’optimisme va s’inscrire dans la durée.
Et pour cause, dans la dernière campagne d'enquête sur l’accès au financement des entreprises (SAFE), qui couvre le quatrième trimestre 2025, les entreprises de la zone euro font état d’une hausse nette des taux d’intérêt sur les prêts bancaires et, dans le même temps, d'augmentations des autres coûts de financement (charges, frais et commissions) et d'exigences en matière de garanties. Des indicateurs annonciateurs d’une baisse à venir ?
Après le choc du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, le sentiment d’incertitude «se détend légèrement en avril mais reste élevé», selon la dernière enquête de la Banque de France, avec des chefs d’entreprise forcément préoccupés par les prix des matières premières et les perturbations logistiques. Un état d’esprit qui n’est pas propice aux investissements et aux prises de risque. «En somme, l’économie française, tout en étant résiliente, montre des signes de ralentissement» qui conclueraient l'année entrepreneuriale 2026 une année 2026 entrepreneuriale en demi-teinte.