«C’est une reconversion réussie sur un site chargé d’histoire», a commenté, lors de son discours, le nouveau maire d’Abbeville Angelo Tonolli, lors de la pose de la première pierre de la résidence intergénérationnelle Lucienne Forestier-Gaillard. En novembre 2027, lors de sa mise en service elle comptera 72 logements du T2 au T4 reposant sur le concept Maisons Marianne.
Ce projet innovant est symbolique : il clôture près de 20 ans de travail pour redonner vie à un site de 11 hectares situé en zone urbaine, aux portes du centre ville, et qui accueillait jusqu’en 2008 l’ancienne usine sucrière Tereos. Elle a fermé ses portes suite à une directive européenne imposant des quotas de production de betteraves par pays et au 74 personnes avaient perdu le travail.
Nicolas Dumont, le maire PS d’alors, et les élus avaient mis en place une démarche globale d’aménagement en s’appuyant sur le plan local d’urbanisme (PLU). Ils voulaient éviter une vente à la découpe avec pour ambition de monter un projet cohérent répondant aux besoins de la ville et de sa population. En 2012, le groupe Les Mousquetaires avait présenté une solution d’aménagement reposant sur la création d’un vrai quartier avec des services, notamment médicaux et para-médicaux, des logements, un centre commercial de 9 500 m2, des espaces de sports et de loisirs, un multiplexe de huit, des commerces… qui soient complémentaires de l’offre de centre ville, le tout bénéficiant de 1 000 places de parking.
Immo Mousquetaires a investi 57 millions d’euros
L’association de la ville, de la communauté d’agglomération et de la chambre de commerce et d’industrie avait été crucial. Un projet urbain partenarial (PUP) avait permis d’assurer le financement d’équipements publics par des acteurs privés. Immo Mousquetaires (Intermarché, Bricomarché,…) avait pris en charge la totalité de la requalification de la friche, soit 57 millions d’euros pour 50 000 m2. La ville n’avaiy financé que 50% du réaménagement du boulevard urbain qui la jouxte.
Début 2020, la partie commerciale était achevée. Il était estimé alors que 350 emplois avaient été créés pour 450 prévus au terme du projet. Dans un article publié sur le site internet de la Banque des territoires, Nicolas Dumont assurait : «En reconstruisant la ville dans la ville nous avons réussi à recréer un véritable quartier avec une offre diversifiée et complémentaire de services et de commerces tout en maintenant une circulation fluide sur le site et sur ses voies d’accès».
En hommage au riche passé de la sucrerie débutée en 1872, la cheminée de 54 m de haut a été conservée et mise en valeur. Lors de pause de la première pierre de la résidence intergénérationnelle Lucienne Forestier-Gaillard, Laurent Guillemot, le sous-préfet d’Abbeville, a rappelé que l’Etat accompagnait les communes pour ce type de projet concernant des friches : «Il reste de l’argent pour le département de la Somme», a t-il tenu à souligner.