Le bruit se produit après quelques secondes et affiche une certaine singularité. Une empreinte sonore propre à l’intention des véhicules électriques (VE) histoire de répondre aux nombreux critères et obligations imposés aux constructeurs, dont notamment celle d’émettre un certain ni-veau de décibels.
«Notre système crée un son mécanique sans pour autant copier les effets sonores caractéristiques d’un moteur thermique. À la différence de ce que l’on trouve aujourd’hui dans les VE, ce n’est pas une enceinte. Nous nous servons de l’énergie développée par le système de refroidissement du véhicule pour régénérer du son».
Devant son banc de démonstration au sein de ses locaux de la zone Toul-Europe du côté de la rue de l’Aérodrome, Thomas Salquebre, fondateur et pilote d’Ademus voit dans cette technologie une réponse aux attentes des différents constructeurs européens comme mondiaux.
Nom de code : Reta pour Régulation thermique et acoustique. «L’une des grandes préoccupations dans l’univers des VE est de savoir comment l’on peut redonner du plaisir à des véhicules qui semblent aseptisés».
Le bon vieux son d’un moteur V8 n’a rien de comparable actuellement aux sensations sonores fournies par des VE surtout dans des gammes premium.
«Au-delà du plaisir, l’expérience sonore d’un VE est également une notion marketing pour les marques, histoire d’afficher une véritable identité sonore. La sécurité est également un critère primordial. Bon nombre de conducteurs l’assurent. Si l’on ne m’entend pas, on ne me verra pas. La réglementation pour cette typologie de véhicules va dans ce sens avec un certain plancher de décibels à atteindre».
Cette maîtrise de la création d’un bruit moteur spécifique aux VE a été acquise par l’essence même de la société, créée en 2020 après un passage chez l’Incubateur Lorrain. Ademus est, avant tout, un concepteur de motos électriques.
Virage engagé
Plusieurs années de R&D, de synergies de compétences et de savoir-faire avec des acteurs régionaux en matière de métallerie ou encore de sellerie, ont permis l’émergence d’un prototype de moto électrique en 2024, aux essais routiers validés. La phase de pré-industrialisation et de fabrication était la suite logique.
«Une mise sur le marché se traduit par un investissement de plusieurs millions d’euros. Il nous fallait prendre une décision, soit l’on courait vers les levées de fonds: soit l’on valorisait les briques technologiques développées pour la conception de notre moto électrique», assure cet ingénieur des Arts et Métiers, féru de motos depuis son adolescence.
«La passion, c’est un sacré carburant !». Du carburant, version matière grise et huile de coude, il en a consommé et en brûle toujours avec son équipe d’une dizaine de personnes. C’est quand il est élève-ingénieur sur le site de Bordeaux des Arts et Métiers qu’il est accompagné dans une démarche de création d’entreprise et qu’il commence à créer son premier prototype. Histoire d’accélérer, il retourne sur Nancy, s’allie à Guillaume Payot, Compagnon du Devoir, pour concevoir son proto.
«Cela a été une aventure humaine assez intense». La moto prototype est présentée dans un Salon de référence à Biarritz. Elle fait sensation ! La machine est lancée. Thomas Salquebre crée Medusa (nom de la marque commerciale de la moto actuellement) avec Quentin Louis, toujours présent aujourd’hui comme associé.
Après des dépôts de brevets sur les différentes facettes de la conception de la deux roues version fée électrique, le virage s’opère vers la valorisation des innovations technologiques développées dont cette fameuse empreinte sonore. Les choses avancent. Les constructeurs nationaux sont intéressés. Ademus entre dans cet univers fermé, le découvre, l’apprivoise, s’y fait accepter.
«L’objectif est de s’associer avec des équipementiers et d’accompagner les constructeurs dans leur recherche et conception d’empreinte sonore». La moto électrique n’est pas abandonnée mais les priorités ont changé pour assurer le développement et la pérennité de l’entreprise.
Un virage maîtrisé et soutenu: Ademus fait partie de la dernière promotion de l’accélérateur Néo Startups industrielles de Bpifrance. Un gage certain avant de réellement faire du bruit !
Moto électrique, la base
Il est savamment dissimulé. Peu de personne ne l'a vu. Aucune photo ou illustration n'a encore été divulguée. Le prototype de moto électrique d’Amedus, et l’ensemble des innovations et technologies qu’il portent, s’affiche comme la vitrine de la maîtrise et des solutions que l’entreprise entend apporter à l’univers de la mobilité, au sens large.