«On en prend quand même dans la tronche ces derniers temps», résume avec une pointe d’ironie, Nicolas Blangy, le président du Medef de la Somme. Depuis la crise sanitaire, les entreprises enchaînent les périodes d’incertitude. «À la situation politique intérieure s’ajoutent la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient, notamment autour du détroit d’Ormuz. Un contexte qui pèse directement sur l’économie, exprime-t-il. Les gens consomment moins, beaucoup moins. Les investissements diminuent et cela a des conséquences sur l’activité des entreprises du territoire».
Face à cette accumulation de difficultés, la fatigue gagne les dirigeants. «Un chef d’entreprise se doit d’être optimiste et combatif, et c’est ce qu’on essaie de faire au quotidien», souligne Nocolas Blangy, tout en espérant «quelques bonnes nouvelles dans les mois qui viennent».
Compétitivité des entreprises
Un des sujets de préoccupation, le coût du travail et la compétitivité. Le Medef se dit ouvert à une réduction de certaines aides aux entreprises si celle-ci s’accompagne d’un allégement des prélèvements. «Notre souhait n’est pas d’être aidés. C’est que l’État mette en place les conditions qui permettent aux entreprises de réussir dans la compétition internationale. On ne voit pas une sortie de crise. L’inconnue reste très forte», continue Nicolas Blangy.
La hausse du coût de l’argent constitue également un frein à l’investissement et au logement. Le bâtiment est particulièrement exposé, alors que l’intérim dans le secteur a fortement reculé au cours de l’été, (-12,3%). Les entreprises doivent également composer avec une inflation largement liée aux coûts de l’énergie.
Une situation contrastée
Dans la Somme, la situation apparaît contrastée. L’aéronautique et les activités liées à l’énergie et à l’électrification tirent leur épingle du jeu. À l’inverse, l’hôtellerie-restauration, le bâtiment, le textile et le commerce de détail connaissent davantage de difficultés. «On a un peu une économie à deux vitesses», constate le président du Medef.
Lors de la rencontre avec le préfet de la Somme, les échanges ont principalement porté sur ces constats. Les projets structurants du territoire devraient continuer à être accompagnés, mais l’incertitude nationale sur le budget et l’absence de visibilité politique rendent difficile l’élaboration d’une véritable stratégie économique de long terme.