Le point commun entre la Cité du chocolat Valrhona et le Centre national de la mer, Nausicaa ? Tous deux ont adopté le label «Divertissement Durable : l’émotion responsable», présenté en janvier dernier, dans le cadre du salon Muséum expo, à Paris. Les représentantes des deux institutions ont témoigné de leur démarche d'adoption du label lancé en 2020 par le SNELAC, Syndicat national des espaces de loisirs, d'attractions et culturels, qui réunit quelque 600 entreprises. A l'origine, «nous avons constaté qu'il y avait de plus en plus d'actions des adhérents sur le plan environnemental, de démarches RSE, mais qu'il n'existait pas un cadre qui permette de structurer leur engagement», explique Laura Gournay, directrice du pôle « exploitation & RSE » du SNELAC.
De fait, la RSE était loin de constituer une nouveauté pour la Cité du chocolat et le Centre national de la mer. Nausicaa, a été fondé il y a 35 ans à Boulogne-sur-mer, afin de sensibiliser le public aux enjeux de l'océan. «Dès le départ, nous étions sur les objectifs de développement durable», note Ingrid Picquart, directrice RSE à Nausicaa. Le centre avait aussi adopté la norme ISO 26 000, standard international en matière de RSE. Même antériorité de la démarche à la Cité du chocolat, à Tain-l'Hermitage (Drôme). «Nous faisons partie d'une maison centenaire, la chocolaterie Valrhona, dont la démarche et l'engagement en matière de développement durable sont très très ancrés. Depuis plusieurs années, l'entreprise est certifiée B Corp. Il était donc tout naturel que la Cité du chocolat, s'inscrive dans un projet de tourisme régénératif», témoigne Sarah Oggero, responsable marketing et communication de la Cité du chocolat, Valrhona.
Zoo, jardin à la française et chocolat
En dépit de leur caractère pionnier, ces sociétés ont trouvé un intérêt à ce nouveau label qui intègre les spécificités du secteur (pluriactivité, saisonnalité ...) . «L'approche sectorielle paraissait très pertinente(…). Le label nous a permis de mieux structurer notre démarche», analyse Ingrid Picquart. Par exemple, Nausicaa qui a recours chaque année à 80 saisonniers a mieux pris en compte la nécessité de les accompagner dans leur qualité de vie «comme les permanents», souligne Ingrid Picquart. De son coté, Sarah Oggero estime que le label constitue un «moteur d'innovation». «C'est un début. Pour nous, il s'agit d'un investissement sur le long terme», argumente la jeune femme qui entend conserver la Cité du chocolat sur la voie du «divertissement durable». Et ce, dans les moindres détails. Par exemple, dans le restaurant, «nous travaillons avec des fournisseurs locaux. 90% d'entre eux se situent dans un rayon de 30 km, et nous avons une carte de saison», illustre-t-elle. Dans la boutique, «nous n'avons plus du tout d'emballage qui provient de Chine (…) Cela accompagne une ambition : la Cité doit être un lieu d’éveil des consciences, autant que de plaisir», conclut Sarah Oggero.
Au total, aujourd'hui, une vingtaine de sites du SNELAC ont souscrit au label. «Au début, il s'agissait surtout de parcs naturels, mais à présent, cela s'est diversifié», commente Laura Gournay. Parmi les labellisés figure par exemple la grotte de Clamouse, dans les gorges de l’Hérault (Occitanie), le domaine de la Bourbansais (Bretagne), un château doté de jardins «à la française» et d'un parc zoologique, ou encore le PAL, parc d’attractions et parc animalier, situé en Auvergne-Rhône-Alpes.