Dossier

Saint‑Étienne‑du‑Rouvray : l’intelligence artificielle au cœur du courrier de La Poste

À Saint-Étienne-du-Rouvray, la plateforme industrielle de courrier de La Poste traite jusqu’à 42 000 plis par heure, grâce notamment à l’intelligence artificielle.

Au sein de la plateforme industrielle de courrier (PIC) de La Poste à Saint-Etienne-du-Rouvray, entre 36 000 et 42 000 plis sont traités par heure. Une cadence rendue possible notamment grâce à une transformation numérique engagée depuis de nombreuses années par le groupe. La Poste l’a présentée à une vingtaine de chefs d’entreprise du Medef Normandie, jeudi 24 septembre, à l'occasion d'une «learning expedition».

«97% de taux de lecture»

«Le tri automatisé du courrier est apparu dans les années 1960», rappelle Henri Saillard, directeur exécutif et pilote du programme Développement territorial du groupe La Poste. En 2005, le groupe intègre la reconnaissance optique de caractères (OCR), une technologie permettant aux machines de lire les informations inscrites sur une enveloppe. «Cela permettait de lire deux tiers des plis», précise-t-il. Pas suffisant. 

Alors, après le vidéocodage qui permettait à un opérateur de rectifier manuellement les erreurs, La Poste associe l'intelligence artificielle à son OCR dans les années 2010. Concrètement, la caméra de la machine de tri prend une photo qui permet au système de reconnaître les éléments présents sur l'enveloppe. 

Adresse mal rédigées, mauvais emplacement, mentions parasites... L'intelligence artificielle détecte et corrige. Le pli est ensuite orienté dans le bac correspondant. «Ce système permet d'atteindre 97% de lecture», souligne Henri Saillard. Il ajoute : « Nous avons une stratégie sobre et locale : sobre, car nous utilisons d'abord l'OCR et utilisons ensuite l'intelligence artificielle si besoin, ce qui limite la consommation, et locale car nous avons nos propres data-centers.»

L'IA au service des facteurs

Avant même le tri, l'intelligence artificielle facilite l'affranchissement. Plus besoin de se déplacer au bureau de poste pour acheter un timbre physique classique, place au timbre digital. Depuis 2023, il prend la forme d’un code à huit chiffres à usage unique, acheté en quelques clics depuis l’application La Poste. Il suffit de le retranscrire manuellement sur l’enveloppe et d'envoyer.

Une intelligence artificielle utile aux clients mais aussi au service des facteurs. « Chaque facteur est équipé d'un téléphone professionnel regroupant toutes les applications du groupe, qui ont été développées pour être faciles d'utilisation », insiste Henri Saillard. Cet équipement permet notamment de détecter certaines fraudes liées au timbre digital.

 Accompagner les structures publiques et privées

Maintenance prédictive des automates dans les bureaux de poste, détection de fraudes pour La Banque Postale ou encore applications destinées aux ressources humaines... La transformation numérique n'est pas uniquement présente dans le tri, elle est intégrée dans les autres activités du groupe.

Et, elle va même au-delà du groupe. La Poste a créé un pôle data, porté par ses filiales, Probayes ou encore Docapost. Ce pôle data accompagne d'autres structures, publiques ou privées, dans le développement de leurs outils numériques. « C'est notre rôle, en tant qu'entreprise à mission, d'accompagner ce développement. Nous voulons être un intermédiaire de confiance », sourit Henri Saillard.