Framatome, acteur majeur du nucléaire fortement ancré dans la région Bourgogne-Franche-Comté via son usine du Creusot, a signé un contrat aux États-Unis pour livrer au printemps 2028 une première recharge mondiale de combustible à enrichissement élevé (supérieur à 5 %). Cet accord permettra au réacteur américain de prolonger son cycle d'exploitation tout en optimisant sa productivité d'électricité.
Un bond technologique pour le rendement énergétique
Cette commande s'inscrit dans le programme de Gestion Avancée du Combustible (AFM) de Framatome. Grâce à cette innovation, le client américain pourra étendre son cycle d'exploitation de 18 à 24 mois. Cette extension réduira directement la fréquence des arrêts pour maintenance, tout en boostant la production d'électricité de la centrale. Le projet s'appuie sur le modèle GAIA, le combustible pour réacteurs à eau pressurisée le plus avancé du groupe, et bénéficie du soutien financier du Département de l'Énergie des États-Unis (DOE).
« Ce contrat reflète la solidité de notre relation de longue date avec notre client ainsi que notre engagement commun à faire progresser la technologie du combustible nucléaire », a déclaré Lionel Gaiffe, Senior Executive Vice President de la Business Unit Combustible de Framatome.
Modernisation industrielle et déploiement international
Si la Bourgogne-Franche-Comté vibre au rythme de cette percée, la fabrication finale de ce combustible de rupture sera assurée par l'usine de Richland, dans l'État de Washington. Ce site industriel a bénéficié de quatre années de modernisations intensives pour adapter ses lignes de production. Il a également obtenu le feu vert de l'autorité de sûreté nucléaire américaine (NRC) pour manipuler cet uranium hautement performant.
Ce succès commercial conforte la position de la filière nucléaire française à l'exportation et ouvre la voie à une nouvelle ère d'efficience pour le parc atomique mondial.