Après un an et demi de production en partie externalisée chez d’autres chocolatiers, la Chocolaterie de Bourgogne prépare son retour aux commandes de ses propres machines. Son futur bâtiment de 1 200 m² doit être livré en décembre, avant l’installation des bureaux en janvier puis des équipements. Les premiers chocolats devraient sortir des lignes en mai 2027. Le projet représente 3,5 millions d’euros d’investissement, dont 2 millions pour le bâtiment, 1 million pour les machines et 500 000 euros pour les boutiques. «On récupère aussi la part de valeur que celui qui fabrique capte», souligne René Loquet, PDG de la Chocolaterie de Bourgogne.
À terme, 80 % de la production doit être réalisée sur place, notamment les bonbons de chocolat, papillotes et escargots au praliné. Surtout, le nouvel outil doit permettre à l’entreprise de changer d’échelle. «Dès son entrée dans le bâtiment, l’entreprise disposera ainsi d’une capacité permettant de produire jusqu’à trois fois ses volumes actuels», indique René Loquet. Pour son emblématique escargot en chocolat, dont elle fabrique aujourd’hui 3 millions d’unités par an, les équipements pourraient même permettre de multiplier la capacité par dix. À pleine charge, l’usine pourrait générer jusqu’à 16 millions d’euros de chiffre d’affaires. La montée en puissance sera progressive. Forte aujourd’hui d’une quinzaine de salariés, l’entreprise vise d’abord 25 collaborateurs, puis environ 50 à terme. « Intégrer dix collaborateurs d’un coup, c’est compliqué. On va le faire pas à pas », explique le dirigeant.
«Un acte de souveraineté» (François Rebsamen)
Pour Dijon Métropole, l’implantation dépasse le seul projet immobilier. François Rebsamen, son président, y voit «un acte de souveraineté» : «Choisir de produire à nouveau ici, dans le berceau historique de la marque, c’est affirmer notre volonté de maîtriser un destin industriel».
Même lecture du côté de Saint-Apollinaire. «Une entreprise qui s’installe, ce n’est pas uniquement des bâtiments», insiste son maire Frédéric Goullier, évoquant «des emplois, des savoir-faire, de l’activité». Jérôme Durain, président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, défend de son côté la nécessité de soutenir ceux «qui créent, qui investissent, qui innovent».
La manufacture doit enfin devenir un levier commercial. La Chocolaterie de Bourgogne ambitionne de passer de deux à dix boutiques en propre d’ici six à sept ans, tout en renforçant sa présence en grande distribution et auprès des collectivités. Pour René Loquet, cette usine n’est «surtout pas une ligne d’arrivée», mais une «pierre de voûte» pour construire la prochaine étape de son développement.