En bref

Journées du Patrimoine : Bercy dévoile ses coulisses

A l'occasion des Journées du patrimoine, le ministère de l’Économie ouvre ses portes. Aux antipodes des ors de la République, découverte de cet édifice aux allures de château fort, crucial pour la vie des entreprises.

©Anne DAUBREE

©Anne DAUBREE

 Avec les chiens douaniers, dressés pour détecter les stupéfiants, le succès auprès des enfants est garanti ! Les 19 et 20 septembre, à l'occasion des Journées européennes du patrimoine, le ministère de l’Économie et des Finances, sis dans l'Est parisien, au bord de la Seine, ouvre ses portes. Au cœur de l'événement, «l'idée est de faire comprendre le travail, les différents métiers, les missions du ministère», explique Stéphane Fusier, responsable événementiel de Bercy, lors d'une visite presse. Le tour démarre dans le hall du bâtiment Colbert- 180 m de long- orné d’œuvres monumentales comme « Le pactole », peinture de Paul Rebeyrolle. Là, les visiteurs pourront s'entretenir avec les représentants de plusieurs directions du ministère : statisticiens de l'Insee, experts de la répression des fraudes montrant le fonctionnement de leur laboratoire de tests de produits potentiellement dangereux...


Au delà des métiers, la visite est aussi l'occasion de découvrir une partie de cet immense ensemble de bâtiments où travaillent quelque 5 000 personnes (5 hectares de terrain, 42 km de couloirs, 230 000 m2...). C'est depuis 1989 que le ministère de l'Economie y est installé, François Mitterrand ayant souhaité rendre sa vocation culturelle au Louvre. Les architectes Paul Chemetov et Borja Huidobro avaient été chargés du projet. Les bâtiments d'octroi, où l'on s'acquittait des taxes à l'entrée dans la ville au XVIIIe siècle, y ont été intégrés.


Visuellement, Bercy a une « dimension forteresse », souligne Stéphane Fusier. Les bâtiments composent un ensemble clos bordé sur son le flanc est de fossés qui évoquent des douves, le flanc sud donnant sur la Seine. Au cœur de Bercy, deux bâtiments séparés d'une cour se font face : l'Hôtel des ministres, cœur du pouvoir, et le Centre des conférences Pierre Mendès France.  


Pépinière de présidents ?


En plus de découvrir un patrimoine d'architecture labellisé « Architecture contemporaine remarquable », le visiteur de Bercy met ses pas dans ceux des milliers d'entrepreneurs, représentants de syndicats, filières... qui se rendent dans ces lieux, occasionnellement ou de manière récurrente. Par exemple, au Centre des conférences, où se déroulent, chaque année, des centaines de colloques, réunions, rendez-vous... En face, les visiteurs accèdent à l'Hôtel des ministres, qui les héberge tous – chacun à son étage-. Au 7e, dans le bureau de Roland Lescure, ministre de l'Economie, une grande table ovale autour de laquelle il reçoit ses visiteurs. Et la vue, magnifique, sur la Seine. Au 6e étage, la même vue, une succession de salles – de déjeuners ou réunions. L'une d'elles est pavoisée aux couleurs du G7, reconstitution du décor de la réunion des ministres de l'Economie qui s'est tenue en amont du sommet d'Evian, en juin dernier. «Cela reste une salle de réunion très sobre. A Bercy, nous sommes loin des ors de la République », souligne Stéphane Fusier.


L'édifice, tout de béton, verre et acier, porte la marque de son époque. Il reste imposant et minéral, en dépit de quelques aménagements : pelouse plantée dans une cour de graviers, petit mobilier de détente ou de travail aux couleurs gaies, disposé ici et là... Dans son film «l'Auberge espagnole» (2002), Cédric Klapisch en avait fait le symbole même du lieu de travail terne et déprimant, à fuir absolument. Pourtant, Bercy reste fascinant, à hauteur de son rôle dans l'économie... Et aussi : dans le hall de l'Hôtel des ministres, une rotonde où sont affichés les portraits de chacun des titulaires de ce ministère sous la Ve République. Quatre d'entre eux (Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron) sont ensuite devenus présidents de la République.