Portrait

L'ex-patron emblématique de la Fed Alan Greenspan est mort

Surnommé l'Oracle" ou le Maestro, il a dirigé l'institution chargée de la politique monétaire des États-Unis pendant plus de 18 ans, entre 1987 et 2006.

L'ex-patron de la banque centrale des Etats-Unis Alan Greenspan, lors d'une conférence à Arlington, en Virginie, le 24 février 2014. © Saul LOEB

L'ex-patron de la banque centrale des Etats-Unis Alan Greenspan, lors d'une conférence à Arlington, en Virginie, le 24 février 2014. © Saul LOEB

L'ex-patron de la banque centrale des États-Unis (Fed) Alan Greenspan, dont l'aura a été ternie par la crise financière qui a éclaté après son départ, est mort ce lundi 22 juin à l'âge de 100 ans. Surnommé l'Oracle" ou le Maestro, M. Greenspan a dirigé l'institution chargée de la politique monétaire des Etats-Unis pendant plus de 18 ans, entre 1987 et 2006. Des complications liées à la maladie de Parkinson ont été évoquées. 

La Réserve fédérale a rapidement salué l'"héritage" de M. Greenspan, qui a selon elle contribué à asseoir la crédibilité de l'institution monétaire, l'un de ses actifs les plus importants. "Sous sa direction, la Réserve fédérale a connu une période prolongée de stabilité des prix qui a favorisé la croissance économique et contribué à renforcer la confiance du public dans cette institution", a aussi souligné l'organisation.

Lundi noir

La longévité de M. Greenspan à la tête de la Fed a été quasi-inégalée. Il a enchaîné cinq mandats, sous des présidents républicains et un démocrate (Bill Clinton). Nommé par Ronald Reagan en 1987 où il succède à Paul Volcker, seulement en poste depuis quelques semaines, il a fait face à un des plus grands krachs boursiers de l'histoire, le Lundi noir du 19 octobre 1987. Par son action prompte où la Fed injecte de massives liquidités pour assurer le refinancement des banques, il sort victorieux de ce baptême du feu. 

Par la suite, ses petites phrases ont souvent fait trembler les marchés financiers, à l'instar de son commentaire sur leur "exubérance irrationnelle" en décembre 1996 en pleine montée de la bulle internet.Des années plus tard, alors qu'il a quitté la présidence, la crise financière de 2008 éclate. Beaucoup lui reprochent alors d'avoir encouragé la dérégulation et d'avoir conservé des taux bas malgré le gonflement de la bulle immobilière nourrie par les prêts à risque (subprimes).